Francofolies de Spa : au deuxième jour, diversité encore et encore…

Magnifique de sobriété, Francis Cabrel a offert un très beau rendez-vous estival à un public nombreux et intergénérationnel. Avec aussi Ozark Henry, Jérôme Mardaga ou Lylac, une journée sous le sceau d’une grande diversité, si chère aux Francos.

Sa venue, il y a une dizaine d’années déjà, avait été un événement exceptionnel, tellement il s’était fait rare en festival. Son retour ce vendredi a soulevé au moins autant d’enthousiasme ! Francis le Magnifique, Cabrel l’inoxydable nous a, une nouvelle fois, éclaboussé de sa classe tout en retenue et délicatesse. Devant une foule hyper compacte, il fait honneur au nouvel emplacement de la scène Rapsat en osant une entrée tout en douceur. Dès les premiers mots de "Encore et encore", on se souvient des sensations presque physiques que nous procurent ses concerts. Et lorsqu’il entame la trop rare "Leila et les chasseurs", sublime chanson de cœur de nos 15 ans, on a la certitude que ce magnifique cadeau nous est spécialement adressé.

Sobre comme toujours, Cabrel magnifie la chanson française depuis plus de 40 ans. Avec la crème des musiciens de variétés (le fidèle Denis Benarrosh à la batterie et le bruxellois Nicolas Fiszman à la basse notamment) avec cet œil espiègle qui voit passer les années et ce cœur touché par l’histoire des Hommes. "Cent ans de plus" qui raconte l’épopée des esclaves est sublimé par les chants africains des trois choristes.

"Rosie" adaptée de Jackson Browne nous fait également particulièrement plaisir tout comme les quelques grands standards ("Animal", "Sarbacane", "Samedi soir sur la Terre") qui ponctuent le set avant une visite finale à "La Dame de Haute-Savoie" pour prendre congé d’un public ravi. Un tout grand Monsieur !

On en oublierait presque qu’avant ça, on a notamment dégusté le très joli concert des Belges de Pale Grey, univers plutôt sombre et exemple très réussi d’une musique mélangée entre pop, rock et une énergie parfois proche du Hip-Hop. Une plasticité d’envies qui les pousse même à oser une reprise des "Mots bleus" de Christophe. Intense et culotté!

La suite de notre soirée se compose de petits bouts hétéroclites qui symbolisent bien la volonté (réussie) de diversité aux Francos. À commencer par quelques minutes en face de Ozark Henry, d’un blanc immaculé et d’une voix toujours aussi stratosphérique. Dans un tout autre style celle de Laetitia, chanteuse de Sonnfjord nous a permis de planer quelques instants avant d’entrer en transe avec Jérôme Mardaga qui avec son nouvel album "Raid Aérien" fait battre plus fort le cœur de tous les amateurs d’un rock entêtant, enveloppant. Une immersion totale, un voyage puissant. Un des moments les plus forts de notre festival!

À quelques mètres mais à l’opposé pourtant, la folk ouatée des grands espaces de Lylac nous permet de redescendre en douceur au son des cordes et de sa voix caressante. Public assis par terre au crépuscule pour profiter à fond de ce bain de douceur, voilà comment se termine notre deuxième journée aux multiples lacets.

François Colinet