Flavia Coelho, soleil d'hiver du festival "Si ça vous chante" à La Louvière

Flavia Coelho, soleil d'hiver du festival "Si ça vous chante" à La Louvière
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Flavia Coelho, soleil d'hiver du festival "Si ça vous chante" à La Louvière - © Victor Delfim

Les multiples couleurs de la chanson ont rendez-vous du 2 au 8 mars prochains avec entre autres Christophe, Refugees for refugees, Saule, Lisza et la rayonnante Flavia Coelho. Rencontre solaire…

Avec l’ouverture du "Central", La Louvière s’est offert une magnifique salle de spectacle multifonctionnelle, permettant de revitaliser l’envie culturelle dans la région du Centre. Au cœur de la programmation de cette première saison, le festival "Si ça vous chante" propose une édition éclectique, faisant la part belle au voyage avec, entre autres, les concerts de Refugees for refugees et de Flavia Coelho. De passage à Bruxelles, elle nous a raconté son histoire, teintée d’un inusable optimisme.

Vu de l’extérieur, le Brésil a l’air de respirer musicalement en permanence…

Oui, au Brésil tout est musique!  Personne chez moi ne faisait de la musique mais ma mère a côtoyé la communauté LGBT de l’époque. Elle était coiffeuse dans des cabarets, pour des spectacles, etc.

Tout a commencé pour moi en répondant à une annonce d’un casting qui cherchait une chanteuse. J’ai séché l’école pour y aller. Je chantais tout le temps mais jamais devant un micro. Ils m’ont prise et je ne me suis jamais arrêtée! Au début j’étais chanteuse de reprises. Je voulais chanter autre chose que de la bossa-nova.

Pourquoi avoir décidé de quitter le Brésil?

La musique, pour moi, c’était voyager. Je suis partie loin de chez moi, arrivée à Paris il y a 11 ans. Je voulais mettre ma vie à plat, traverser la mer pour recommencer à zéro. Pour me rappeler d’où je viens, me souvenir de mes propres histoires. Pour pouvoir écrire sur des choses vécues, cette "régression" dans ma tète était nécessaire. Une prise de recul indispensable pour comprendre la réalité de mon parcours et de ma relation particulière avec mon pays.

Votre musique propose une autre vision que celle qui est habituellement véhiculée sur les sonorités de votre pays…

A Paris, j’ai notamment rencontré le musiciens Pierre Bika Bika et Victor Attila-Vagh, qui ont compris que je voulais proposer autre chose que la chanteuse brésilienne de service. Ayant grandi des les années 80-90, j’écoutais beaucoup de musiques occidentales: Du hip hop, Michael Jackson, Madonna, Nina Hagen, etc. Je voulais mixer toutes ces influences et explorer d’autres façons de faire de la musique brésilienne.

Sur scène, comme par exemple au dernier festival Couleur Café, vous êtes une véritable pile électrique, parcourant chaque centimètre carré. D’où vous vient toute cette énergie?

J’ai un plaisir fou sur scène! L’engrenage de ma vie, c’est le plaisir! La vie est devenue très difficile. Et dans mes chansons, je parle de ces difficultés: la pauvreté, le droit des femmes, le durcissement des frontières, etc.

J’ai donc décidé de faire un travail sur moi-même pour être la plus joyeuse possible, pour honorer comme il se doit le public qui choisit de venir passer un moment avec moi. C’est un tel honneur, je ne veux pas le décevoir. Je suis là pour partager un peu de bonheur. Même si cela peut sonner un peu démago, la base de mon travail, c’est l’amour!

 

Entretien : François Colinet

En concert le 2 mars au Palace de la Louvière.

Plus d’infos sur le festival "Si ça vous chante"

Flavia Coelho, "Sonho Real"