Festival FrancoFaune: Daran dépeint nos émotions en notes et en images

Daran
Daran - © RTBF

Pour la première fois, le Théâtre 140 accueillait le Festival FrancoFaune ce samedi avec Daran et son magnifique  spectacle "Le Monde perdu".

La musique sert souvent de billet pour tous les voyageurs immobiles. Elle permet, comme la lecture d’ailleurs, à chacun de construire ses propres images en laissant nos pensées nous guider dans les méandres de nos émotions. Daran, seul à la guitare, pourrait les nourrir en solo mais a eu la brillante idée de s’accompagner d’une illustratrice qui dessine par-dessus des images en mouvement pour donner vie à une œuvre unique et poignante.

Elargir l’espace par nos sens

Daran, Français émigré depuis plusieurs années au Québec, y a trouvé ce goût du large et des grands espaces. Guitare acoustique ou électrique finement grattées, mais aussi cet harmonica magique qui élargit le paysage et lui donne une poésie délicieuse d’aventurier.

Les images, elles, nous emmènent en caravane, sur un voilier (au point de nous donne le mal de mer pendant quelques secondes), dans les plaines enneigées ou dans une course folle à la poursuite d’un fuyard.

Le dispositif fonctionne au point de laisser des larmes se former aux coins de nos yeux. La voix de Daran reste une de celles qui nous donne une authentique chair de poule. Un artiste qui n’entend à la radio que son tube "Dormir dehors", vieux de plus de 20 ans. Pourtant, c’est un rockeur, un poète, une âme subtile dont le travail mériterait sans conteste une autre résonance.

Une performance éphémère qui a, heureusement, son prolongement éternel sur cet album "Le monde perdu", qui nous fait voyager et chavirer à chaque écoute et qui se retrouvera, à coup sûr, dans notre top francophone de l’année.

Les trésors méconnus du Québec

Le festival FrancoFaune célèbre d’ailleurs ce que le Québec fait de mieux ce week-end. Samedi 15 octobre, Benoit Paradis Trio proposera son swing avant la verve reggae de Bazbaz à la Tentation. Et dimanche, sa soirée de clôture accueille au Botanique Louis-Jean Cormier et Salomé Leclerc, nos coups de cœurs absolus de ces dernières années. A eux deux, ils présentent, en effet, le meilleur de ce mélange subtilement dosé entre rock et folk en français dont le québécois sont les rois.

Une soirée à ne rater sans aucun prétexte, et qui devrait inspirer les artistes de chez nous qui souhaitent, contre vents et marées, faire sonner notre langue.

C’est en tout cas, la plus belle ambition de ce Festival FrancoFaune, curieux et diversifié, qui bat son plein jusqu’à dimanche prochain.

 

François Colinet

 

Le Festival FrancoFaune se déroule dans 12 lieux bruxellois jusqu’au dimanche 16 octobre

www.francofaune.be