Feist en toute décontraction à l'AB

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Feist - © Droits réservés

Après son très beau concert au BSF l’été dernier, la chanteuse canadienne était de retour à l’AB ce mardi soir autour de "Pleasure", son introspectif dernier album, et pour célébrer ses 15 ans de carrière, déjà !

Dans sa robe printanière qui vole au vent, elle a l’humeur badine, Leslie Feist, visiblement très heureuse de ces retrouvailles bruxelloises dans une Ancienne Belgique qui n’a pas tardé à faire le plein ! On pouvait difficilement rêver mieux comme concert de rentrée tellement son univers, sa voix et ses inspirations font du bien !

Quatre albums seulement en 15 ans de carrière et un dernier "Pleasure" que nous avons mis plus de temps à appréhender avant d’en adopter les chemins plus tortueux et introspectifs, comme le morceau éponyme qui monte doucement en puissance.

Feist et ses quatre musiciens, adeptes des crescendos en tous genres, proposent une musique qui varie comme les saisons entre la légèreté d’une brise et la moiteur d’un orage. Arrimée à ses guitares, elle se risque d’emblée à quelques mots en français, déçue de n’en n’avoir retenu que si peu après six ans de vie parisienne. Mais embarque aussi subtilement les nombreux spectateurs néerlandophones en leur proposant de chanter un "Joyeux anniversaire" dans la langue de Vondel pour célébrer les 15 ans de l’album "Let it die" qui l’a portée jusqu’à des millions d’oreilles conquises par cette voix à la fois mutine et profonde, comme un improbable miracle.

La première heure sera consacrée aux deux derniers disques avec quelques belles incursions dans "Metals", une œuvre que l’on a tant et tant écoutée, notamment pour la puissance des percussions sur "The bad in each other". C’est beau, prenant, mais cela manque de rythme et de folie. Un grain qui arrivera enfin dans une deuxième heure articulée autour de son deuxième album "The reminder".

Un vrai repère à tubes comme le prouve l’enchainement de "My moon my man", "Sealion (Woman)", un classique de la folk américaine chanté notamment par Nina Simone, puis "I feel it all" devant un public trop heureux de se réveiller. Quelques pépites de "Let it die" seront aussi de la fête, alimentant un rappel en solo guitare avant un final sur l’imparable "1,2,3,4" pour ponctuer un concert aussi agréable que la star du jour mais qui n’aura que trop rarement décollé.

 

François Colinet