Dominique A et Joseph d'Anvers : numéros complémentaires à l'Ancienne Belgique!

Dominique A et Joseph d’Anvers : numéros complémentaires à l'Ancienne Belgique !
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Dominique A et Joseph d’Anvers : numéros complémentaires à l'Ancienne Belgique ! - © Richard DUMAS

Ils sont liés à la scène comme à la ville et ont sorti deux des albums francophones les plus intéressants de 2015. Ce mercredi, c’est à l’AB qu'ils se sont retrouvés pour une soirée mêlant énergie et poésie…

"On croise plein de gens qu’on connaît ici, c’est un peu le Paris de Bruxelles!" Cette observation très juste d’une de nos amis dépeint bien l’assistance du soir. Un public de fidèles à Dominique, dans la trentaine voire bien plus, friand de chansons, de poésie et de frissons.

Des amateurs qui se sont peut-être laissé séduire par le très bel album "Les Matins blancs" dont Joseph d’Anvers (qui en bon Français, ne prononce pas le "s") nous parlait cet été et qu’il est venu présenter sur le coup de 19h30. Beaucoup sont restés au bar ou cherchaient encore une place de parking. Ils ont eu drôlement tort!

Car, seul avec sa guitare et quelques machines, Joseph a donné une prestation remarquablement subtile et enjouée, visiblement heureux d’être là, malgré un public encore clairsemé. Cette formule épurée nous a autant plu que sa prestation au BSF de l’été dernier. Il égrène quelques titres de son album puis évoque avec émotion Alain Bashung, à qui il a offert "Tant de nuits" sur l’album "Bleu pétrole". Avec "Ma peau va te plaire", il le ressuscite par les notes en racontant qu’Alain aurait aimé que cette chanson soit le départ de l’album suivant, qui ne verra malheureusement jamais le jour.

Il s’en va ensuite après avoir salué l’homme qui lui a donné envie et la force de faire de la musique : un certain Dominique A!

Habité par les forces motrices…

Rencontré au printemps dernier, il nous a d’abord frappé par sa douceur et son envie de partager. Des caractéristiques que l’on retrouve d’emblée quand il monte sur scène sans aucune fioriture pour retrouver ses fidèles suiveurs. Un concert entre lyrisme et énergie, comme il en a l’excellente habitude. Il paraît que dans la foule, au début, le son était un petit peu difficile mais perché sur notre premier balcon, nous avons été épargné par ces désagréments.

Ce point de vue était d’ailleurs idéal pour admirer la connivence entre les musiciens (dont le Belge Sacha Toorop, toujours aussi efficace à la batterie!). Mais aussi pour se délecter de la grâce des pas de danse du bassiste Jeff Hallam, qui vit dans son corps chaque corde qu’il pince.

Dominique aussi a une expression corporelle bien à lui, balançant les bras comme pour ponctuer son chant quand ceux-ci ne sont pas rivés à ses différentes guitares. Outre les extraits de l’excellent "Eléor", son dernier album plus calme et introspectif, il eut le bon goût de modifier quelque peu le programme par rapport à sa venue aux Nuits Botanique en mai dernier, revisitant ainsi une carrière que nous n’avons pas fini de (re)découvrir. Tout le plaisir est pour nous!

François Colinet

Dominique A, "Eléor" (Cinq7/PIAS)

Joseph d'Anvers, "Les Matins blancs" (at(h)ome/LC Music)