BSF lundi : Toutes les forces de Feist

Feist
Feist - © Rich Fury - AFP

La Canadienne est venue présenter "Pleasure", son 4e album, sur la place des Palais. Avec, avant elle, le toujours excellent The Divine Comedy.

Très jolie affiche ce lundi soir sur la place des Palais avec le retour très attendu de la voix si attirante de Leslie Feist. En guise d’apéritif se présentait Neil Hannon, ce petit homme nord-irlandais déguisé en Napoléon, qui joue de la musique sous le nom de The Divine Comedy.

Même s’il chante "Napoleon complex", ce charmant Monsieur n’en n’a visiblement aucun en se présentant sur la grande scène du BSF. Mis à part les premiers rangs, le public est encore clairsemé. On l’aurait imaginé programmé dans un endroit plus intimiste mais, qu’à cela ne tienne, il tient la barre avec panache et humour et finit par emporté le cœur d’une foule devenue beaucoup plus compacte en fin de set. 1h15 de pop sautillante, romantique, légère. Sur disque, on apprécie beaucoup son côté orchestral et l’énergie des cordes ou des cuivres. Sur scène, les synthés essaient d’en reproduire la force mais c’est moins percutant. Il parvient néanmoins à nous séduire et à nous donner envie de replonger dans sa discographie. Pari réussi !

Pile 30 minutes plus tard, débarque toute de rose vêtue (à moins que ce soit du fuchsia ?) la talentueuse Feist, qui va nous impressionner par sa voix atypique mais aussi par ses talents de guitariste. Accompagnée de trois musiciens, elle va offrir un concert plein de souffle, entre la bourrasque rock et le murmure de morceaux joués seule sur cette immense scène. Commencé par quelques titres de "Pleasure", les notes sont d’emblée intenses avec un son impeccable de là où nous étions.

Rapidement, elle plonge dans son répertoire plus ancien avec majesté. "The bad in each other", qui ouvrait le magnifique album "Metals" puis la reprise de "Sealiion" nous rappellent pourquoi elle a tant accompagné notre quotidien. Plaisir ultime quand elle retourne jusqu’aux trésors de son premier disque, seule avec sa guitare, en toute simplicité avec "Mushaboom", "Secret Heart" en clin d’œil à un couple qui s’est dit "oui" lors d’un de ces shows à Londres, puis "Let it die". Le rouleau compresseur revient avec la bombe "I feel it all" avant de prendre congé sur un "1,2,3,4" de 10 ans d’âge, revisité pour l’occasion.

Un peu court peut-être mais très convaincant. Une artiste et une discographie à (re) découvrir par le menu!

 

François Colinet