BSF : à la découverte de Lylac, voyageur lumineux !

BSF : à la découverte de Lylac, voyageur lumineux !
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BSF : à la découverte de Lylac, voyageur lumineux ! - © droits réservés

Du 14 au 18 aout prochain, le festival bruxellois fêtera sa 17è édition, raccourcie mais alléchante. Avec quelques belles têtes d’affiche et de très jolies découvertes à glaner. Comme le Belge Lylac qui y présentera son magnifique troisième album " Buffalo spirit" le 15 août prochain.


Depuis 2002, le dernier virage des vacances est amorcé par les réjouissances proposées par le Brussels Summer Festival. Ce rendez-vous urbain a trouvé une formule originale.  Avec ses concerts de fin de journée  et ses "extras" qui permettent d’accéder à prix réduits à de nombreuses propositions culturelles, il a séduit quelques 100.000 spectateurs l’an dernier.
Mais les temps changent puisque les festivités se concentrent désormais sur 5 jours contre 10 auparavant. Le prix d’entrée reste lui, malheureusement, le même. La faute sans doute à l’inflation constante des cachets d’artistes et des couts de sécurité. 1000 fois dommage !


L’affiche reste cependant intéressante et éclectique avec par exemple Orelsan, dEUS, 30 Seconds to Mars ou Shaka Ponk en tête de gondoles parmi plus de 60 concerts.


Si nos oreilles vous conseillent sans hésiter les concerts de Camille, Calexico, Clara Luciani, Fink, Juniore ou Sage, ce sont les magnifiques harmonies du groupe folk Lylac que nous vous proposons de (re) découvrir ici à l’occasion de la sortie de "Buffalo Spirit".


Fragments sublimés d’un voyage au long cours dans le grand Ouest américain, Amaury Massion en ramène les fruits d’une quête de connexion profonde avec ces lointaines contrées et leurs histoires ancestrales…


 

En quoi ce voyage marque-t-il une différence dans la façon de créer ce troisième album ?

Amaury Massion : Je ne partais pas spécialement pour composer mais, avant tout, pour une grande aventure en famille. Ceci dit, le voyage est depuis toujours le fil rouge de mon projet artistique. (Comme nous vous le présentions en 2016). Je me balade toujours avec ma guitare et j’avoue que les paysages que l’on a vu là-bas était tellement extraordinaires, très sauvages finalement ! Pour moi l’Ouest des Etats-Unis, c’était surtout des grandes villes et des plages interminables. Je ne m’attendais pas y retrouver à ce point ce coté "Far West, Into the Wild". Au niveau de la nature ce sont les paysages les plus dingues que j’ai vu ! Du coup, je n’ai pas dû me forcer pour trouver l’inspiration. Prenez, par exemple, "Sedona" et "Lo lo Mai Springs" en Arizona, une terre très rouge et un repère de vieux hippies aux accents ésotériques, encaissé au fond d’un canyon aride mais dans lequel on trouve un lac sacré des Navajos. Je me suis assis au bord de l’eau et j’ai écrit. J’ai acheté une flute Navajo là-bas que j’utilise sur certains morceaux. Ce lieu est vraiment magique !

Comment s’y prendre pour transformer l’émotion en chanson ?

En voyage, j’ai enregistré des maquettes, un peu comme un poète ferait de l’écriture automatique. Pour arriver à me détacher, j’ai besoin d’enregistrer tout ce qui se passe. A l’époque, j’ai travaillé avec Garrett List au conservatoire et il nous avait appris à essayer de quitter l’autocritique pour suivre le son au maximum et ne pas se laisser envahir par nos jugements. Laisser le cerveau vagabonder, parce qu’au final on a tout en soi ! Les lieux de mon voyage étaient chargés de sens, d’histoires. J’ai tenté de m’en imprégner. Cela ne marche pas à tous les coups mais j’essaie que la démarche soit très honnête. Comme un carnet de voyage, l’âme du morceau est vraiment saisie à un moment précis grâce a ses enregistreurs portatifs.

Votre son s’étoffe clairement sur ce disque. Quelles étaient vos envies ?

Ce voyage a amené une évolution dans l’écriture en apportant d’autres couleurs, mais je ne m’en suis rendu compte qu’en revenant ici. La guitare reste la base mais agrémentée par les rencontres. Les orchestrations sont plus touffues. A coté du violoncelle qui reste au centre, je me suis offert une  guitare électrique mais, surtout, je voulais des percussions. Je ne voulais pas de batterie parce que Lylac reste des histoires racontées aux oreilles des gens. J’ai trouvé Carlo Strazzante qui joue des tablas indiens, du daf, du oudou, que des instruments traditionnels à peaux. Il a une vraie caverne d’Ali Baba chez lui ! Je voulais aussi un album plus lumineux grâce à des arrangements de violons joués par Benoît Leseure . Parce que la devise de la Californie c’est "the Endless summer". J’ai voulu retrouver sur ce disque un peu de cette lumière omniprésente, de ce ciel au bleu si profond...

Entretien: François Colinet

Brussels Summer Festival du 14 au 18 aout.

Lylac en concert le mercredi 15 aout (Place du Musée 18h)

Lylac "The Buffalo Spirit " (Homerecords)