Aux Innocents, la Madeleine!

Aux Innocents, la Madeleine!
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Aux Innocents, la Madeleine! - © Richard Dumas

Nouveau charmant moment de nostalgie avec le duo qui a bercé nos 20 ans, dans une salle de la Madeleine chaleureuse à défaut d’être tout à fait pleine...

"Vous en reprendrez bien pour un tour?" Voilà comment pourrait se présenter notre soirée de jeudi dans une salle de la Madeleine joliment restaurée et qui promet quelques beaux moments dans les mois à venir.

Après 15 ans d’attente et une première piqûre de rappel en novembre dernier, comment résister, en effet, à ce nouveau rendez-vous fixé par Jipé et Jean-Chri, que l’on a tant écouté au cœur des années 90?

Audacieux pari réussi

En quatre mois, le duo a peaufiné son numéro en tournant beaucoup et a reçu une Victoire de la Musique méritée pour "Mandarine", le disque des retrouvailles. Il a refait parler de lui, de sa complicité et de ses dons mélodiques avec des nouvelles chansons convaincantes comme "Les philharmonies martiennes", "J’ai couru" ou l’irrésistible "Love qui peut".

Ces deux hommes charmants que nous avions rencontrés l’année dernière prennent visiblement leur pied à chanter, gratter et bavarder avec un public de trentenaires, voire davantage. Posté au balcon, on a une belle vue d’ensemble de la salle baignée dans un son, un peu hésitant au début, mais qui se densifie et nous convainc rapidement. Revers de la médaille, on se sent un peu hors de l’ambiance. Difficile de tout avoir…

Celles de Proust

Il y a les nouvelles chansons, bien sûr, puis aussi quelques incursions sur l’album d’avant-rupture, jamais joué sur scène. Mais le répertoire fait évidemment la part belle aux deux albums chefs-d’œuvre d’il y a 20 ans: "Fou à lier" (dont la chanson titre, oubliée en novembre, nous a fait très plaisir) et "Post Partum". Le cynisme de "Un monde parfait" en ouverture, la délicatesse de "Dentelle", les bons souvenirs de "L’autre Finistère" ou des "Confessions d’un vieux serpent" agissent comme des rappels attendrissants du trajet de vie parcouru depuis.

Une collection impressionnante de chansons qui ont bien digéré le poids des années. Preuve ultime, "Un homme extraordinaire", symbole de leur gloire passée, reprise avec un c(h)oeur gros comme ça par une foule ravie de cette dernière… madeleine!

 

François Colinet

 

Les Innocents, "Mandarine" (Jive-Epic/Sony)