Le semaine cinéma de Cathy Immelen avec Jusqu'à la garde, Moi, Tonya et Le 15h17 pour Paris

Jusqu'à la garde
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Une semaine cinéma riche en émotions avec un divorce tout en tension, une patineuse artistique déchue et une prise d'otages.

Jusqu'à la garde

On démarre avec l’un de mes films préférés du moment : "Jusqu’à la garde". Un film choc, une véritable claque qui a remporté deux Lions au Festival de Venise : meilleur premier film et prix de la mise en scène. Dans ce drame, Léa Drucker et Denis Ménochet jouent un couple en plein divorce. La mère demande la garde exclusive du jeune fils en accusant à mots couverts le père de violences. Pris en otage entre ses parents, l'enfant va tout faire pour les empêcher de se croiser.

Je vous préviens, on n’en sort pas indemne. Moi, j’étais dans le même état qu’après avoir vu "Breaking the Waves". Je tremblais de partout, impossible de respirer, de réprimer une crise de larme tellement le crescendo de terreur m’a pris aux tripes ! Ce film est un véritable tour de force : il évoque le sujet si délicat et d’actualité des violences conjugales, tout en déployant des personnages extrêmement subtils et ambigus ; et en jouant en même temps avec les nerfs du spectateur. Et puis Denis Ménochet et Léa Drucker sont incroyables. Un véritable ce coup de maître cinématographique !

Moi, Tonya

Si vous êtes branchés sur les JO d’hiver, voici de quoi prolonger le plaisir au cinéma avec le biopic de la semaine : "Moi, Tonya", la vie de la célèbre patineuse artistique Tonya Harding, diabolisée et largement détestée depuis la fameuse histoire des coups de barres de fer dans les genoux de sa rivale Nancy Kerrigan. Ce film biographique s'intéresse surtout à sa vie privée, et à son éducation "white trash". En tête d’affiche, Margot Robbie est absolument épatante. Elle nous prouve enfin qu’elle sait jouer autre chose que les filles canon en petit short. Elle est carrément en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice. Alors même si on ne s'intéresse pas à l'histoire de Tonya Harding à la base, le film est tellement pop, fun, et même drôle par moment qu’il arrive à nous passionner pour cette pauvre fille dont la vie est jonchée de malheurs. Et puis les scènes de patinages sont bluffantes. Une vraie réussite.

​​​​​​​Le 15h17 pour Paris

Le dernier Clint Eastwood devrait, a priori, intéresser un peu plus particulièrement le public belge, puisque ce film revient sur la fameuse attaque du Thalys. Souvenez-vous en 2015, trois soldats américains avaient neutralisé un terroriste dans un train pour Paris et avaient ainsi permis d’éviter un véritable carnage.

On sait bien que Clint Eastwood n’est pas le roi de la subtilité mais son "15h17 pour Paris", c’est un peu l’addition de tout ce qui ne va pas dans son cinéma : le discours sur les armes, le patriotisme, l’héroïsme à l’américaine, la foi en dieu et au destin qu’il construit pour nous… Tout ça dégouline d’esprit à la Trump. Il n’y a même pas dix minutes qui se passent dans le train sur tout le film. Clint n’a RIEN à nous raconter et il n'y aucune tension dans l’histoire. Je ne sais pas si c’est à cause des très mauvais dialogues ou de la réalisation sans idées et sans relief, mais au final : c’est sacrément mauvais et inintéressant.