La semaine cinéma de Cathy Immelen avec "The Square", et trois films français qui sortent du lot

Cette semaine c'est la sortie du film qui a remporté la Palme d’or à Cannes cette année.

The Square

Cette Palme d’or s’intitule "The Square" et l’histoire se déroule en Suède dans le milieu de l’art contemporain avec le directeur d’un musée hyper-conceptuel dont la vie va basculer à cause d’un tout petit détail…

Alors tout d’abord, je souligne que pour une fois le prix cannois revient à une comédie ! parce que dans un sens, "The Square" est une comédie, une comédie qui joue avec les codes du politiquement correct, avec les clichés sur le monde de l’art contemporain… enfin, ce n'est pas les Tuches non plus, mais c’est clairement de l’humour intello et pas toujours grand public. Et franchement c’est long, plus de deux heures 20, on les sent passer, surtout qu’on a compris très vite ce qu’on voulait nous dire sur l’égoïsme de notre société. En résumé, ce film est plutôt destiné aux les cinéphiles !

Drôle de père

On passe à l’un de mes coups de cœur de la semaine : "Drôle de père", un deuxième film pour la talentueuse réalisatrice belge Amélie Van Elmbt, co-produit par les Dardenne et.. Martin Scorcese. Elle met en scène sa propre fille, la petite Lina, dont le papa n’est pas un inconnu des cinéphiles puisqu’il s’agit de Jacques Doillon. La paternité, c’est justement tout le propos de ce film. L'histoire : un homme rencontre sa fille pour la première fois. Elle a 5 ans…

"Drôle de père", voilà un film touché par la grâce, délicat, sensible, qui fonctionne par touches impressionnistes et qui s’attarde sur les petites choses de la vie : un regard, un geste, un fou-rire pendant un repas. De la sincérité, du naturalisme, et une analyse très juste de la notion de paternité. Bref, ce film est une bulle de douceur et de bienveillance qui crée en nous de belles émotions.

La réalisatrice Amélie Van Elmbt est un talent belge à suivre !

Diane a les épaules

Voici "Diane a les épaules", une comédie très sympa avec comme héroïne une trentenaire un peu déglingos qui accepte d’être mère porteuse pour un couple d’amis gays. Elle ne vit pas trop mal cette grossesse, mais son nouveau mec est un peu plus décontenancé… Alors : attention ! Si vous imaginez un bête vaudeville comme il en sort chaque semaine ou une comédie franchouillarde bien lourde sur le sujet délicat de la GPA, la gestation pour autrui, ou encore si vous pensez à "film social" prise de tête : détrompez-vous ! "Diane a les épaules" est une bouffée d’air frais salvatrice, parce que ce n'est ni un film à thèse ni une comédie bourrée de clichés. Pour un premier film, c’est surprenant de maîtrise ! et puis Clotilde Hesme est vraiment une actrice à part, dommage qu’on ne la voie pas plus sur grand écran. Elle forme un joli couple en tout cas avec notre compatriote Fabrizio Rongione !

Prendre le large

Un autre film français sort du lot cette semaine : "Prendre le large". Il est signé Gaël Morel, un nom qui vous dit peut-être quelque chose, il a démarré sa carrière comme acteur, il était le héros des "Roseaux sauvages" d’André Téchiné. Après avoir dirigé Catherine Deneuve dans "Après Lui", il offre un rôle magnifique à Sandrine Bonnaire cette fois. Elle incarne une ouvrière dans une usine textile. Licenciée du jour au lendemain, on lui offre le choix entre des indemnités ou un reclassement dans une usine au Maroc. Elle va choisir de partir pour Tanger et de démarrer une nouvelle vie…

"Prendre le large" est un très beau portrait de femme en pleine renaissance. Voilà un film délicat qui aborde plein de thèmes très intéressants comme la difficulté d’être l’étrangère dans un pays inconnu, le choc des cultures, la dure réalité de la vie qu’on imagine paradisiaque au soleil, et par-dessus tout ça, cette question universelle : l’herbe est-elle forcément plus verte ailleurs ? La réponse que nous offre Gaël Morel m’a personnellement beaucoup émue.