La semaine cinéma de Cathy Immelen avec The Founder, et bien d'autres

Et pour démarrer la semaine, une petite page de publicité. Non, j’exagère. Mais pas tant que ça en fait. Après Steve Jobs pour Apple ou Marc Zuckerberg avec Facebook, les Américains se fendent à présent du portrait du fondateur d’un empire commercial incontournable, le symbole ultime, sans doute, de la société de consommation : la chaîne de fast-food McDonald’s.

Ah ce fameux rêve américain qui en laisse aussi parfois sur le bord de la route… "The Founder" : une histoire emblématique des Etats-Unis et de l’expansion de son capitalisme. La trajectoire des McDos en dit long sur l'état de l'Amérique de l'époque et sur ses mutations, le résultat aujourd’hui.

Swagger

Voici quelqu’un que je suis contente de vous présenter : Olivier Babinet, et non pas juste parce qu’il a un nom sympathique à dire. Olivier Babinet, ou, ni parce que sur Wikipedia, sa bio commence par : Il est descendant de Jacques Babinet, savant et inventeur du goniomètre, un instrument qui permet la mesure des angles dièdres formés par les surfaces d'un prisme.

Non, Olivier Babinet c’est un réalisateur, un mec posé et ultracool. Tellement cool que son premier film, "Robert Mitchum est mort" a été couvert de prix dans le monde entier. Tellement cool qu’il a bossé des mois avec des ados de cités dites "difficile" pour leur faire découvrir comment on pouvait s’exprimer grâce au cinéma. Et c’est justement lorsqu’il animait un atelier avec des jeunes qu’il a eu l’idée de les filmer eux, ces gamins stigmatisés des quartiers. Mais pas de les filmer n’importe comment, non, non : de les sublimer ! Et ça donne le docu "Swagger".

"Swagger", c’est le docu branché du moment en France, un petit phénomène dans sa catégorie. Il faut dire qu’il y a une fraîcheur et une sincérité dans ce film, c’est assez désarmant ! Pas de misérabilisme ni de condescendances, des jeunes attachants, une esthétique ultra léchée mais vivante. C’est aussi drôle qu’intéressant. Une vraie bombe d’énergie positive

American Honey

Voici une autre vision plus désenchantée, plus trash de la jeunesse d’aujourd’hui avec "American Honey". C’est le nouveau film d’Andrea Arnold, une réalisatrice anglaise assez radicale, enfin surtout connue pour son réalisme cru avec des films comme "Red Road" ou "Fish Tank", que je vous conseille fortement, d’ailleurs.

"American Honey", c’est l’histoire d’une ado qui fugue, un road-movie sur des jeunes en marge du système. Le cinéma d’Andrea Arnold est toujours aussi hypnotisant, beau, elle dirige ses acteurs à la perfection, Shia LaBeouf est parfait ! Mais mon dieu, le scénario… 2H40 pour tourner en boucle sur une histoire d’amour à deux francs, avec des jeunes qui vocifèrent du rap en se bourrant la gueule, tellement insupportables qu’on a envie de les frapper. C’est bien simple : c’est le seul film que j’ai quitté avant la fin sur toute l’année 2016. Je n’en pouvais plus ! En même temps, je vous rappelle qu’ "American Honey" a reçu le prix du jury au dernier festival de Cannes, c’est donc qu’il doit toucher une partie des cinéphiles. Mais pas moi !

Seuls

"Seuls", vous connaissez peut-être. C’est un des gros succès actuels de la BD franco-belge. On y suit un groupe d’enfants qui se retrouvent soudainement seuls, sans adulte, dans leur ville. Ils ne savent pas pourquoi et ils sont confrontés à de nombreux périls. Eh bien, cette BD, aujourd’hui, est devenue un film d’aventure bien mystérieux.

C’est une œuvre totalement atypique que ce film d’aventure,  "Seuls", avec un petit air de "Stranger things", voire de "Hunger Games", en vachement moins violent. Gros coup de cœur pour le jeu des jeunes acteurs, l’ambiance angoissante tout bien comme il faut et les twists scénaristiques qu’on ne voit absolument pas venir !

Lego Batman

On passe à la comédie de la semaine : "Lego Batman", le film ! C’est un spin-off du film d’animation "La grande aventure Lego" sorti en 2014 qui était, contre toute attente, un petit bijou d’humour subversif et référentiel, un régal pour les geeks. Le nouveau film dérivé se concentre sur la vie de Batman et de plein d’autres super héros de l’univers DC Comics. Et vous allez voir, le casting des voix de doublage en version originale, est juste dément !

Malheureusement, même si l’univers visuel est un régal, même s’il y a des belles fulgurances niveau humour, on n’arrive pas au niveau du premier film…. Pour moi, il y a le même défaut que dans les vrais films de super héros : trop de scènes de bagarre et de cascades interminables, et donc, c’est parfois indigeste. Mais, dans les voix françaises, Alfred le majordome est doublé par Stéphane Bern - mon idole - et donc rien que pour ça, je suis quand même un peu fan.

Le passé devant nous

Pour un portrait de femme plus nuancé, tournez-vous plutôt vers, "Le passé devant nous" de la réalisatrice belge Nathalie Teirlinck. Le destin d’une call girl de luxe qui se retrouve du jour au lendemain avec la garde de son fils abandonné à la naissance. C’est bien évidemment la maternité qui est au cœur de ce portrait intimiste formidablement bien interprété.

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