La semaine cinéma de Cathy Immelen avec "Les Proies", "Wind River" et "The Road to Madalay"

La semaine cinéma de Cathy Immelen avec "Les Proies", "Wind River" et "The Road to Madalay"
La semaine cinéma de Cathy Immelen avec "Les Proies", "Wind River" et "The Road to Madalay" - © 2017 Focus Features LLC

Comme chaque semaine, Cathy Immelen vous parle des sorties cinéma…

 

Je démarre avec un film d’époque ! Plus de 10 ans après Marie-Antoinette, Sofia Coppola revient au film historique avec "Les proies". Elle passe de la France avant la Révolution à l’Amérique en pleine guerre de Sécession. Castign ultra-glamour avec Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning et Colin Farell. Il incarne un soldat nordiste blessé en Virginie recueilli par les occupantes d’une école pour jeunes filles sudistes où il ne reste… que des femmes. Un homme, sept femmes… ça en fait des possibilités. Une histoire qui doit sans doute vous dire quelque chose ? Avant la version de Sofia Coppola, "Les proies", était un roman de l’américain Thomas Cullinan paru en 1966. Et c’était aussi un film réalisé par Don Siegel avec Clint Eastwood.

Le nouveau Sofia Coppola est d’une beauté éthérée toute "David Hamiltonienne", il a d’ailleurs reçu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Les décors, les costumes, chaque détail sont d’une finesse extrême. Après, le film est censé endosser un point de vue féminin, voire féministe sur des nanas qui ne se laissent pas faire… mais beaucoup de scènes se résument quand même à montrer des filles qui frétillent de la petite culotte dès qu’il y a un mec dans les parages… donc moi, je ne vois pas trop le féminisme dans ce portrait de filles guidées par leurs hormones… #bémol !

Cette semaine, j’ai été plus enthousiaste avec un autre film américain… Après les excellents "Sicario" et "Hell or High Water" qu’il a signé de sa belle plume, le scénariste Taylor Sheridan passe derrière la caméra avec "Wind River". Et c’est un événement pour le cinéma américain : un grand réalisateur est né ! Il poursuit son exploration de l’Amérique des "oubliés" et il s’intéresse cette fois-ci au sort des Amérindiens et de leurs conditions de vie difficiles.
Malgré ce prisme "social", "Wind River" n’est pas un film à thèse, c’est surtout une enquête palpitante.
Mais quelle claque ! "Wind River" c’est le film coup de poing de la rentrée ! Un sujet fort, une ambiance travaillée au cordeau, ce sous-texte social toujours présent, mais jamais surligné. Je n’ai que des superlatifs pour ce thriller passionnant de bout en bout. Ouais, c’est scotchant tellement c’est tendu et fluide à la fois ! Et tellement bien joué. Bon, ça va, j’en ai fait assez, allez voir "Wind River" !

Un petit dernier pour la route : j’ai été beaucoup touchée "The Road to Mandalay", un drame tristement d’actualité. Un film birman sur les difficiles conditions de vie d’un peuple noyé dans la misère. L’immigration vers la Thaïlande semble la seule issue… mais dans les usines où ils fabriquent nos vêtements, ces ouvriers clandestins ne vivent pas, ils survivent, à peine. "The Road to Mandalay" serait comme un cousin asiatique de "Rosetta". C’est intense, c’est poignant, c’est très déprimant !