La semaine cinéma de Cathy Immelen, avec La danseuse, Miss Peregrine et les 7 mercenaires

La danseuse
6 images
La danseuse - © DR

Cette semaine parmi les nouveautés en salles, je suis particulièrement tombée sous le charme du film "La danseuse". Vous en avez sans doute entendu parler, il a été présenté à Cannes et il a révélé les talents d’actrice de Lily-Rose Depp (oui, la fille de Johnny Depp et de Vanessa Paradis). Mais c’est la chanteuse et actrice Soko qui aurait dû attirer tous les regards tant sa prestation est d’une intensité folle. Elle incarne Loïe Fuller, dont le non nom n’est pas resté dans les mémoires et pourtant, elle fut une véritable avant-gardiste, c’est elle qui dessina les prémisses de la danse moderne en créant la fameuse danse serpentine. Un destin hors du commun, hélas tombé dans l’oubli, jusqu’à aujourd’hui.

"La danseuse", quelle vie tragique et passionnante ! et surtout quel film vibrant, incroyable de maîtrise pour un premier long métrage ! C’est tout autant un magnifique manifeste pour la liberté d’expression artistique que l’histoire d’un certain féminisme, et surtout un véritable écrin pour le talent de la brûlante Soko.

Autre film coup de cœur : "Miss Peregrine et les enfants particuliers", le 18ème long métrage du réalisateur de génie : Tim Burton. Avec une histoire qui serait le mix parfait entre la saga X-Men pour le côté super-pouvoir marginal et "Un jour sans fin" pour son scénario qui joue avec la temporalité. On retrouve les éléments clés du cinéma de Burton : des créatures fantasmagoriques, une atmosphère visuelle baroque et gothique, et un humour délicieusement macabre. Mais dans ce Miss Peregrine, Tim Burton redresse la barre par rapport à ses derniers films où il était devenu une caricature de lui-même. C’est un Tim Burton plus sage, plus posé mais extrêmement attachant et poétique pour cette 18ème cuvée.

La comédie française du moment c’est "Radin" ! avec Dany Boon en tête d’affiche, et derrière la caméra, le réalisateur, Fred Cavayé. C’est la première incursion du réalisateur dans le registre de la comédie après avoir redonné il y a quelques années un coup de fouet au thriller français avec les excellents "Pour Elle" avec Vincent Lindon et "A bout" Portant avec Gilles Lellouche. Mais son actualité nous ramène à "Radin", une bonne petite comédie franchouillarde à voir en famille, avec quelques gags franchement hilarants, et puis, il y a de quoi s’inspirer pour économiser des sous… Mais bon, vous n’êtes pas obligés de payer le prix d’un ticket de cinoche non plus, attendez que ça passe un dimanche soir à la tv…. Et je dis pas ça pour faire ma radine !

Cette semaine aussi, sortie du remake d’un méga grand classique du western datant de 1960 : "Les 7 mercenaires". Eh oui, ils sont de retour sous la houlette d’Antoine Fuqua, le réalisateur de "Training day". Pour l’occasion, il a fait appel à son acteur fétiche, Denzel Washington mais il y a aussi Ethan Hawke et Chris Pratt au casting de cette relecture moderne du film culte.

Les 7 mercenaires version 2016 ? un divertissement qui remplit parfaitement son contrat : du rythme, des cascades de folie et des acteurs à l’enthousiasme communicatif. Ce qui est intéressant aussi dans ce remake, c’est que les enjeux de l’époque sont toujours d’actualité, comme une métaphore du capitalisme qui ne laisse aucune chance aux plus petits. Oui, le combat de David contre Goliath, ça fait toujours recette… Après, dans l’absolu, si on parle des remakes de si bons films, je n’y vois quand même qu’un intérêt tout relatif…

Aquarius était l’un de mes films préférés de la compétition cannoise. A travers le portrait d’une sexy sexagénaire, c’est toute l’histoire d’un certain Brésil qui se déroule sous nos yeux. Un film dense qui se déguste comme un mille-feuille, tant il évoque beaucoup de sujets : la pression des promoteurs immobiliers, la notion de transmission culturelle, le corps aussi à l’épreuve du temps qui passe… c’est passionnant, et la grande actrice brésilienne Sonia Braga y est épatante !

Et enfin, du cinéma belge avec un véritable petit phénomène : Nous Quatre, c’est un premier film tourné sans budget mais malgré tout, il est maîtrisé et très attachant. Il a rassemblé quasiment 3000 personnes lors de son avant-première liégeoise. On n’évite pas quelques petits défauts d’un premier long métrage mais j’ai rarement vu une telle justesse dans la représentation de jeunes Wallons, ça sent bon le terroir et l’accent liégeois, et les 4 acteurs sont excellents ! ça nous change de l'habituelle poésie du gris du cinéma belge…