La semaine cinéma de Cathy Immelen, avec Juste la fin du monde, Hell or High Water et Absolutely Fabulous

Juste la fin du monde, de Xavier Dolan
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Juste la fin du monde, de Xavier Dolan - © DR

Cette semaine nous rappelle le palmarès de Cannes avec la sortie du Grand Prix du Festival 2016, à savoir : le 6ème film du jeune réalisateur québécois Xavier Dolan : "Juste La Fin du Monde" et son casting 4 étoiles, la crème de la crème du cinéma français : Vincent Cassel, Marion Cotillard, Nathalie Baye, Léa Seydoux et Gaspard Ulliel.

Xavier Dolan adapte cette fois-ci une pièce de théâtre du français Jean-Luc Lagarce. C’est l’histoire de Louis, un artiste qui rend visite à sa famille après douze ans d’absence. Il vient annoncer sa maladie et sa mort prochaine.

Bon, soyons clairs : je n’ai pas encore réussi à me positionner sur le cas Dolan. Génie précoce, oui bien sûr, c’est évident mais ça ne m’empêche pas de trouver son cinéma parfois exaspérant, too much voire bling bling… c’est encore le cas avec " Juste la fin du monde " : chaque acteur pris séparément est formidable, mais tous ensemble : c’est trop, c’est fatigant, éreintant même, tellement ça crie et ça montre que ça joue. Mais attention, je souligne l’audace formelle et les partis pris sans concession de Mister Dolan pour ce huis-clos familial en mode cocotte-minute.

Hell or High Water (Comancheria)

Avec "Hell or High Water" qui signifie "contre vents et marées", je pense que l’on tien l’un des meilleurs longs métrages de l’année. Ce film américain pourrait être un mélange entre le cinéma des frères Dardenne et celui de Sergio Leone. C’est un western social contemporain et il y a au casting le grand Jeff Bridges, Ben Foster et Chris Pine.

L’histoire : Toby est divorcé, son frère Tanner sort de prison et ils n’ont plus un sou. Le ranch de leur mère morte va être récupérée par la banque. Pour éviter cela, ils vont le racheter aux banquiers en dévalisant… la banque en question.

Que ce Hell or High Water est brillant ! c’est véritable radioscopie de l’Amérique d’aujourd’hui, en pleine débâcle économique, hanté par les fantômes de son glorieux passé ! Au programme : du suspens mais aussi de l’humour grâce au délicieux personnage de Jeff Bridges et un constat social pertinent (attention, le film sort très … logiquement en " français " sous le titre de Comancheria !)

Absolutely Fabulous

Et voici du kitsch, du mauvais goût et de l’humour 100% british avec le retour de ces grandes malades de Absolutely Fabulons. Série culte des années 90 qu’on a pu voir sur la BBC et Canal+ à l’époque, les AB FAB pour les intimes ont enfin droit à leur version grand écran ! Eh oui, on oublie la calamiteuse version française avec Natalie Baye et Josiane Balasko.

Voici donc le come-back des sexagénaires qui ont fait du scandale un véritable art de vivre ! Par pur nostalgie, je serais tentée de dire que c’est agréable de revoir ces deux grandes folles et cette galerie de personnages cultes, leur humour fonctionne toujours après autant d’années, mais hélas, quel manque d’ambition formelle… l’ensemble est filmé comme un épisode foutraque de la série, erreurs de raccords et caméra approximative incluses ! La magie opère toujours mais pas pour 10 euros, pas sur grand écran même si la critique des milieux branchés londoniens est assez délicieuse.

Blair Witch

Et enfin, un petit mot sur la dernière sortie de la semaine, je sais que vous êtes nombreux à vouloir savoir ce que vaut le nouveau Blairwitch ! C’est la suite directe du premier volet qui avait fait son petit effet en 1999. Hélas, rien de bien neuf pour cette version 2016 : on reprend quasi la même histoire, la même structure et exactement la même mise en scène en mode images trouvées. C’est efficace mais d’un intérêt tout relatif tant l’effet de surprise s’est évaporé, bref, l’exploit de l’original n’est pas réédité

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