La semaine cinéma de Cathy Immelen avec Frantz, Ben-Hur et Nocturama

"Frantz" de François Ozon
"Frantz" de François Ozon - © DR

Ce n’est pas une semaine placée sous le signe de l’humour mais à l’instar de la précédente avec "Un petit boulot" et "Le fils de Jean", deux belles surprises françaises se distinguent parmi les sorties : "Frantz" de François Ozon et "Nocturama" de Bertrand Bonello.

Le film de la semaine: "Frantz" de François Ozon

Il y aura du drame au programme... Tout d’abord Frantz, signé par l’un des réalisateurs français les plus prolifiques et les plus populaires de sa génération, François Ozon. Le cinéaste s’est taillé une belle place dans le 7ème art avec des films comme "8 femmes", " Potiche" ou encore "Jeune et jolie".

Chacune de ses œuvres possède un ton très singulier. Il s’est déjà essayé au thriller, au film fantastique et même à la comédie musicale ! Avec Frantz, Ozon surprend une nouvelle fois puisqu’il s’agit d’un drame d’époque filmé en noir et blanc. L’histoire se déroule en 1919 à l’issue de la Première Guerre mondiale. Un jeune rescapé français se rend en Allemagne afin de rencontrer la famille de Frantz, un soldat allemand tombé sur le champ de bataille. Adrien (Pierre Niney) semble avoir bien connu Frantz mais les circonstances de leur amitié demeurent floues et c’est là tout le mystère du film! Un drame sur le thème du mensonge et de la rédemption, qui multiplie les fausses pistes et se joue des attentes du spectateur. Malgré une mise en scène classique, le scénario se révèle très surprenant et jongle de manière cohérente entre le film de guerre et le drame romantique, sans oublier le questionnement moral et politique. Le récit gagne en intensité grâce à la puissance émotionnelle délivrée par les acteurs et par l’ambiguïté et la fragilité des personnages. "Frantz", un Ozon classique mais en apparence seulement!

"Nocturama" de Bertrand Bonello

Le réalisateur de "Saint Laurent" et de "L’Apollonide: Souvenirs de la maison close" nous offre le film coup de poing de la semaine sur un sujet très sensible. Cette œuvre mystérieuse évoque un groupe de jeunes poseurs de bombe, un scénario écrit avant les attentats de Paris. Ce film retrace les quelques heures du parcours morbide de cette bande qui va semer la terreur dans la capitale. Il ne s’agit donc pas de jeunes djihadistes mais d’adolescents d’extrême gauche déçus par la société. L’absence totale d’explications sur leurs motivations déplace les enjeux de l’intrigue vers le portrait d’une jeunesse désemparée. Bonello fait preuve d’une maestria spectaculaire dans son montage avec un suspense qui prend littéralement aux tripes bien qu’il n’évite pas certaines longueurs. "Nocturama", un film aussi dérangeant que brillant. Un drame contemporain qui palpe l’air du temps et ne vous laissera pas indifférent!

 

Le blockbuster de la semaine, "Ben-Hur", le remake d’un grand classique!

Ben-Hur, le retour! Enfin, le retour manqué vu le flop cataclysmique que le film vient de faire aux Etats-Unis. Il s’agit bien sûr d’une relecture du péplum culte de 1959 qui a longtemps détenu le record du "film à 11 Oscars". C’est Timur Bekmambetov, le réalisateur de "Abraham Lincoln, Chasseur de vampires" qui est aux commandes, une promesse de qualité en somme. Il n’y a pas grand chose à sauver de ce remake inutile, mis à part quelques scènes d’action assez impressionnantes, mais la déferlante d’effets spéciaux et d’images de synthèse rendent l’ensemble indigeste. Cette nouvelle version ne dure certes pas 4h et il n’y aucune montée en puissance au niveau du suspense. De plus, l’acteur inconnu qui incarne Ben-Hur (Jack Huston) est très loin de posséder le charisme de Charlton Heston. Néanmoins, la tête de Morgan Freeman avec son look de vieux rasta provoquera sans doute quelques fous rires!