La semaine cinéma de Cathy Immelen avec "A bras ouverts", une comédie paresseuse qui pose question

Trois ans tout juste après l'immense succès de "Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?", le réalisateur Philippe de Chauveron, Christian Clavier et Ary Abittan reviennent avec "A bras ouverts". Hier, ils critiquaient la droite provinciale catho, aujourd’hui ils s'en prennent à la gauche caviar parisienne. Jean-Etienne Fougerolle, intellectuel à la chemise blanche ouverte, un personnage clairement inspiré par Bernard Henri-Levy. Bon, notre ami Jean-Etienne est forcé d'accueillir chez lui une famille de Roms. Et là, je dis : attention, sujet sensible ! Peut-on se moquer des minorités ? ce genre d’humour, est-ce du racisme ?

Je suis mitigée sur ce coup-là : d'accord, vous n’allez pas vous ennuyer avec "A bras ouverts".. Et puis tout le monde en prend pour son grade : les moqueries sur les contradictions du couple gauche caviar Clavier/Zylberstein, ils sont très bons tous les deux puis y a franchement quelques bons gags mais prendre comme base d’un film tous les clichés sur les roms : c’est trop facile, c’est trop paresseux et c’est surtout trop raciste !

Boule et Bill 2

Heureusement c’est Franck Dubosc qui relève le niveau de la comédie française cette semaine ! Oh ben, je n’aurais jamais imaginé dire ça un jour, tiens… On le retrouve pour la suite de Boule et Bill ! Il a changé de femme entre les deux épisodes mais la recette reste la même : un esprit délicieusement vintage et des gags malicieux qui nous font immédiatement retomber en enfance.

Orpheline

Si on regarde vers le cinéma d'auteur, voici "Orpheline", un film qui sort totalement des sentiers battus. Pour décrire le parcours d’une femme à travers 4 périodes de sa vie, le réalisateur Arnaud des Pallières a opté pour un parti-pris audacieux : faire jouer son héroïne par 4 actrices différentes. Les plus cinéphiles d’entre vous se souviendront sûrement de "I’m not there", avec 6 acteurs qui jouaient Bob Dylan… "Orpheline", sur papier, c'est une magnifique idée de montrer l’évolution d’une femme à travers des physiques et des attitudes différentes.

Sauf que ce principe est purement intellectuel, ça ne fonctionne pas du tout sur grand écran, c’est même perturbant, voire rebutant. Et personnellement, l’image de la femme qui se réfugie dans le sexe comme seule bouée de sauvetage…. C’est une vision que je trouve très masculine et gratuitement vulgaire. Je ne suis pas fan du tout mais ça n’a pas empêché le film de remporter plein de prix… A vous donc de vous faire votre propre opinion sur cette audacieuse proposition cinéma !

On termine avec "Dries", un documentaire fascinant sur le travail du styliste anversois Dries Van Noten qui fait partie des six créateurs belges, surnommés les "Six d’Anvers", un groupe d’avant-garde qui a révolutionné la mode dans les années 80. Humble et surtout très discret, ce documentaire est un témoignage exceptionnel de la vision et de la ténacité d’un artiste de chez nous.

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