Biennale de Venise, l'Irak et Philippe Van Cauteren

Beauté invisible
Beauté invisible - © AKAM SHEX HADI

Rencontre avec Philippe Van Cauteren, commissaire de l'exposition "Beauté invisible" au Pavillon Irakien du Biennale de Venise.

Le Pavillon irakien présente l'exposition "Beauté invisible". La beauté est invisible en Irak, car il y a une méconnaissance de la création artistique de ce pays à l'étranger et une quasi inexistence d'expressions de la résistance. A part l'architecte Zaha Hadid, aucun nom n'apparaît sur la scène internationale.

Le commissaire du pavillon a circulé dans un pays où les musées sont vides et où l'insécurité rend les déplacements difficiles. Il existe 90% des personnes qui sont reconnues comme " artistes ". Ils se concentrent sur la beauté, les paysages, les animaux,… Mais Philippe Van Cauteren, lui, a décidé de partir à la rencontre des 10% restant. C’est-à-dire les artistes qui mettent en valeur la " beauté invisible ", ceux qui prennent position et qui ont le courage d’essayer de faire des œuvres d’art avec leur propre avis et vision de l’Irak. Le commissaire a sélectionné 5 artistes parmi ces 10% : une vidéaste, deux photographes et des dessinateurs de trois générations différentes, qui souvent sans aucune référence à ce qui se fait dans le monde de l'art, en vivant très isolé, créent de réelles images. On est bien loin du cynisme de certains artistes de salon qui dénoncent dans des pays libres qui sont les nôtres des situations dont ils ne sont que les lointains observateurs.

Le commissaire du pavillon irakien est le Belge Philippe Van Cauteren qui dirige le Smak, le musée d'art contemporain de Gand.