Ovidie dans le taxi de Jérôme ce dimanche 20 septembre à 22h45 sur la Deux

Ovidie dans le taxi de Jérôme
Ovidie dans le taxi de Jérôme - © RTBF

Militante féministe pro-sexe depuis les années 90, Ovidie aimerait échapper à son image d'ex actrice de films X. Elle s'était forgé une place atypique dans le milieu en devenant aussi réalisatrice et en publiant une quinzaine de livres. Aujourd'hui, elle réalise des documentaires, des films éducatifs, elle alimente son blog et anime des conférences. Personnage complexe, la jeune femme de 35 ans se confie à Jérôme Colin dans Hep taxi !

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Ovidie deviendrait-elle la philosophe du sexe ? Son dernier documentaire, "A quoi rêvent les jeunes filles ?" est une véritable immersion dans la sexualité décomplexée de la génération hyper connectée des jeunes femmes qui ont grandi avec Internet et les réseaux sociaux. Diffusé en juin 2014 en France, il est disponible sur YouTube.

Ovidie s'indigne de l'exploitation marketing de l'érotisme féminin qui nous envahit partout dans la publicité, à la télévision et même au cinéma, preuve que les normes sexuelles sont toujours édictées par le machisme. Tel est son constat depuis des années et tel est son combat : libérer la sexualité des femmes en écrivant des livres, en réalisant des fictions éducatives, des documentaires et même en publiant une bande dessinée.

Avant d'entrer en pornographie, Ovidie s'appelait Éloïse Becht. Adolescente rebelle, elle évoluait dans des milieux punks et anticonformistes. Dès ses 16 ans, elle a milité pour le mouvement SCALP (Section Carrément Anti Le Pen). Elle s'est investie aussi dans des mouvements féministes en prenant la défense des travailleuses du sexe jusqu'à en devenir une elle-même. Elle est fascinée par tout ce qui est rejeté, méprisé socialement. Elle veut affirmer qu'elle est libre de faire ce qu'elle veut de son corps. Pour cela, elle choisit " le pire des métiers au yeux du monde, encore pire que la prostitution " affirme-t-elle.

En 1999, alors qu'elle fait des études de philosophie et de lettres, elle se lance dans une carrière d'actrice de films X chez Marc Darcel Productions, à l'âge de 19 ans, et elle impose l'utilisation du préservatif sur les tournages auxquels elle participe. Elle prend le pseudonyme d'Ovidie et débute dans la réalisation de films X dès l'année suivante, ce qui est rarissime pour une femme en Europe à l'époque. On lui propose quelques rôles dans le cinéma classique comme dans Mortel transfert de Jean-Jacques Beineix ou dans Le pornographe de Bertrand Bonello. Mais elle ne s'y attarde pas, proclamant que le cinéma X est la seule chose qui l'intéresse.

Ovidie met fin à sa carrière d'actrice en 2003 pour dénoncer les travers de l'industrie du X et l'influence désastreuse d'Internet tant sur le milieu que sur les consommateurs. Elle se consacre désormais entièrement à la facette militante de son métier et à la réalisation de films éducatifs. Le corps et l'évolution de la sexualité dans notre société reste au centre de ses préoccupations et de son discours. " Et l'amour dans tout ça ? ", lui demande Jérôme Colin. Très bonne question.

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