Mostra Jour 9 "Gloria Mundi", le retour en forme de Robert Guédiguian

Robert Guediguian à la Mostra avec "Gloria Mundi"
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Robert Guediguian à la Mostra avec "Gloria Mundi" - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Le cinéaste marseillais connait bien le Lido : il était déjà venu en 2017 présenter son film "La villa" en compétition, mais il était reparti bredouille. Il revient cette année dans la sélection avec un drame qui s’intitule "Gloria mundi".

Gloria Mundi

Si, en Angleterre, Ken Loach est célèbre pour être LE cinéaste de la classe populaire, en France, c’est Robert Guédiguian qui remplit ce rôle-là. Mais il faut bien avouer qu’au fil des ans, le cinéaste marseillais avait fini par lasser en serinant à peu près toujours le même discours nostalgique sur le Front populaire, asséné par toujours les mêmes acteurs, sa femme Ariane Ascaride en tête. Et puis voilà qu’arrive ce film, "Gloria Mundi", qui est une bonne surprise.

Parce que le récit, qui reste certes traversé par son idéologie de gauche,  s’intéresse avant tout à des personnages. Plus précisément à une famille, et surtout aux deux générations de cette famille.

Les parents - le père est chauffeur de bus, la mère femme de ménage -, ont baissé les bras face à leurs idéaux de jeunesse. Et leurs deux filles ont des profils très différents : l’aînée, qui vient d’accoucher, n’arrive plus à joindre les deux bouts avec son mari qui est chauffeur Uber, tandis que la cadette, elle, s’est acoquinée avec un magouilleur pour qui l’argent facile est une obsession…

Avec des personnages bien campés, et des situations très réalistes, Guédiguian dénonce le règne du chacun pour soi, né des dérives du capitalisme. En s’intéressant aux difficultés vécues par les jeunes trentenaires, le cinéaste de "Marius et Jeannette" a réussi à renouveler son inspiration.

A Herdade (Le domaine)

Le deuxième film en compétition hier soir place également la famille au cœur de son intrigue. "A herdade", fresque portugaise de près de trois heures, raconte le destin de Joao, propriétaire d’un énorme domaine agricole. On le suit à deux moments-clés de son parcours. D’abord en 1974, quand cet homme, si soucieux de ne pas se mêler de politique, est bousculé par la Révolution des Œillets (qui mettra fin au régime dictatorial de Salazar). Ensuite, quinze ans plus tard, en 1991, quand il constate que son autorité se fissure,  et que tous ses proches vont venir lui demander des comptes.

On voit rarement arriver en provenance du cinéma portugais un projet de cet ampleur. On voit bien l’ambition du réalisateur Tiago Guedes ; hélas, si son film se regarde sans déplaisir malgré sa longueur, il reste assez convenu. Étonnamment, les enjeux politiques intéressants posés dans la première partie s’effacent sans crier gare dans la deuxième, le film se transformant alors en simple psychodrame familial. Étrange.