Mostra Jour 7 "The painted bird", le film-choc de la compétition

Le réalisateur tchèque  Vaclav Marhoul est venu proposer "The painted bird" à la Mostra
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Le réalisateur tchèque Vaclav Marhoul est venu proposer "The painted bird" à la Mostra - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Après un déluge de stars, ambiance plus calme hier soir sur le tapis rouge du palais du Festival. Mais sur l’écran de la Sala Grande, une véritable claque : "The painted bird" du cinéaste tchèque Vaclav Marhoul.

The painted bird

A l’origine,  "The painted bird", (littéralement "L’oiseau peint") est un roman-culte du romancier américain d’origine polonaise Jerzy Kosinski. Décédé à New York en 199&, Kosinski est surtoutr connu pour avoir signé le scénario de "Bienvenue Mr Chance", qui offrit un rôle magnifique à Peter Sellers peu avant sa disparition.

"The painted bird" raconte l’odyssée d’un petit garçon juif en Pologne pendant la Seconde guerre mondiale. L’enfant est réfugié dans une ferme, mais quand la vieille fermière meurt, il se retrouve livré à lui-même. Il va alors faire tout un périple émaillé de rencontres surprenantes… Ce bouquin est réputé inadaptable parce que c’est à la fois un drame de guerre, un conte fantastique, un récit initiatique, bref, il mélange allègrement les genres.

Aujourd’hui, le cinéaste tchèque Vaclav Marhoul a relevé le défi en réalisant un film incroyablement culotté. "The painted bird" est un noir et blanc, dure près de trois heures, est très avare de dialogues mais nous proposes des images inoubliables, tantôt poétiques, tantôt cruelles… Certaines scènes, visuellement inouïes, s’impriment de façon indélébile dans la mémoire. Le film va très certainement diviser les festivaliers mais vous aurez compris que je fais partie de ses plus chauds partisans.

Guest of honour

La soirée de mardi a aussi été marquée par le retour d’Atom Egoyan. Le cinéaste canadien d’origine arménienne a connu son heure de gloire à Cannes il y a à peu près vingt ans avec des films forts comme "Exotica" et "De beaux lendemains" (on évoquait alors une possible Palme d’Or). Depuis quelques années, son talent s’est amoindri dans des films parfois intéressants, souvent inaboutis. Egoyan aime échafauder des scénarios sinueux qui entremêlent passé et présent, avec les obsessions de plusieurs personnages.

Dans "Guest of honour", un inspecteur d’hygiène dans les restaurants (David Thewlis) tente de comprendre pourquoi sa fille, professeur de musique, a plaidé coupable alors qu’elle était accusée d’avoir abusé d’un de ses élèves…

On retrouve dans ce film les obsessions d’Egoyan (la relativité de la notion de vérité, les traumatismes du passé…) mais il les organise de manière hélas à moitié convaincantes.