Mostra Jour 6 : "The King", le charisme de Timothée Chalamet

Timothée Chalamet
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Timothée Chalamet - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Il n’a que 23 ans, il a une gueule d’ange, et il est LA nouvelle star de Hollywood : Timothée Chalamet était sur le tapis rouge de la Mostra de Venise pour présenter hors compétition un film historique qui s’intitule "The King"…

 

The King

Resituons le parcours sans faute de Timothée Chalamet. Dans "Call me by your name", il incarnait un grand adolescent qui découvrait son homosexualité, et sa prestation tout en finesse lui a valu une nomination à l’Oscar l’an dernier. Ensuite, il était boluleversant en jeune drogué face à Steve Carrell dans "Beautiful boy" de notre compatriote Felix Van Groeningen. Et on le verra le mois prochain à l’affiche du nouveau film de Woody Allen, "A rainy day in New York".

Aujourd’hui, Timothée Chalamet est donc le héros de "The King". De quel roi s’agit-il ? Du Roi Henri V d’Angleterre, resté célèbre pour avoir défié l’armée française à la Bataille d’Azincourt en 1415, pendant la Guerre de Cent ans. "Henri V" a été immortalisé dans une pièce de Shakespeare, mais le film n’est pas une énième adaptation de ce classique. C’est un scénario original de deux Australiens, l’acteur Joel Edgerton et le réalisateur David Michôd. Dans "The King", Timothée Chalamet est un garçon frivole qui, lorsqu’il hérite du trône de son père, va se métamorphoser en jeune homme qui prend enfin ses responsabilités. Le film, de facture relativement classique, monte efficacement en puissance et, une fois de plus, Chalamet crève l’écran. Mais il a le triomphe modeste, même quand les journalistes le complimentent à la conférence de presse :

Je me sens toujours en apprentissage, à chercher la meilleure version de l’acteur que je veux être. A 23 ans, je suis encore en train de me construire, et en travaillant avec Joel Egerton, Ben Mendelsohn et cet homme assis à cette table à côté de moi, le réalisateur David Michôd, vous apprenez des choses que vous pouvez noter, et puis il y a aussi des choses qui pénètrent votre subconscient et que vous apprenez à votre insu, parce que ce sont des acteurs tellement viscéraux ! En résumé, avec ce tournage, j’ai appris de chacun, c’était une expérience particulièrement pédagogique ! " 

Le triomphe de Chalamet… et de Netflix

Présenté hors compétition, "The King" est le 3ème film produit par Netflix dans la sélection officielle de la Mostra. Les deux précédents, en compétition, étaient signés par des auteurs réputés du cinéma américain, puisqu’il s’agissait de "Marriage story" de Noah Baumbach et de "Laudromat" de Steven Soderbergh. Si, dans le milieu du cinéma français, la présence de Netflix dans les festivals est décriée, on constate que les professionnels du cinéma américain adoptent une attitude moins militante et plus pragmatique. Les deux vedettes de "Laudromat", Gary Oldman et Meryl Streep, ont été très clairs à la conférence de presse du film. Gary Oldman a avoué avoir découvert beaucoup de grands films grâce à la télévision, et avoir tourné dans des films d’auteur que personne n’a été voir au cinéma. Quant à Meryl Streep, elle a déclaré préférer le grand écran mais elle a ajouté : par contre, les jeunes spectateurs semblent préférer le petit écran. C’est ce qui explique qu’elle ne rechigne pas à tourner aujourd’hui pour la télévision. Quant au directeur de la Mostra, Alberto Barbera, il a déclaré que seule la qualité des films lui importait dans son programme. On verra samedi soir quelles surprises révélera le palmarès.