Mostra 2019, l'analyse du palmarès

Todd Phillips et Joaquin Phoenix avec le Lion d'Or
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Todd Phillips et Joaquin Phoenix avec le Lion d'Or - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

La 76ème Mostra de Venise s’est donc achevée hier soir au Lido avec la cérémonie du palmarès. Un palmarès qui a pris bien soin de récompenser des films de toutes nationalités, alors que la présence américaine cette année était impressionnante.

De l’avis unanime des festivaliers, les quatre films américains en compétition cette année étaient d’une qualité remarquable. Or, seul l’un d’entre eux, "Joker" de Todd Philipps, se retrouve au palmarès, heureusement pour lui à la plus haute marche du podium puisqu’il décroche le Lion d’Or. "Joker", variation originale sur la genèse de l’ennemi juré de Batman, permet à Joaquin Phoenix de signer une composition inoubliable. Nul doute qu’il figurera parmi les favoris aux Oscars.

L’autre film incontournable de cette Mostra était une production française, réalisée par un cinéaste juif, polonais et français : "J’accuse" de Roman Polanski. Malgré ses premières déclarations contre le cinéaste âgé aujourd’hui de 86 ans, la présidente du jury Lucrecia Martel a eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître les grandes qualités de ce film sur l’Affaire Dreyfus en lui décernant le Grand Prix du Jury.

Des prix d’interprétations discutables

Le reste du palmarès est moins évident : Ariane Ascaride, second rôle dans le film "Gloria Mundi" de Robert Guédiguian, se voit propulser meilleure actrice alors qu’il s’agit clairement d’un film choral, où aucune prestation individuelle ne brille particulièrement. Quant à  Luca Marinelli, sacré meilleur acteur pour "Martin Eden", la surprise est totale : le film a surtout été plébiscité par la presse italienne.

Quant à décerner le prix du meilleur réalisateur au Suédois Roy Andersson, déjà lauréat d’un Lion d’Or en 2014 et qui refait en permanence le même film, c’est un choix paresseux. Il aurait été beaucoup plus audacieux de couronner "The painted bird" du Tchèque Vaclav Marhoul, mais la cruauté et la violence du film ont sans doute révulsé une frange du jury.

pour consulter le palmarès complet

Un rejet de Netflix ?

Enfin, Adam Driver et Scarlett Johansson sont magnifiques dans "Marriage story" de Noah Baumbach. Et le scénario de "The Laudromat" de Steven Sorderbergh, qui évoque le scandale des "Panama Papers", est culotté. Hélas, les deux films repartent bredouille… Parce que ce sont des productions Netflix ? Ce n’est pas impossible.

La cérémonie du palmarès dans son intégralité