Mostra 2018 : "The Nightingale", la vengeance d'une femme

Jennifer Kent, seule femme sélectionnée à la Mostra
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Jennifer Kent, seule femme sélectionnée à la Mostra - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Une des polémiques qui a agité la Mostra de Venise cette année, c’est la faible présence des femmes dans la sélection. Or hier soir au Lido était projeté le seul film de la compétition signé par une réalisatrice : "The Nightingale", littéralement "Le Rossignol" de l’Australienne Jennifer Kent.

The Nightingale

    S’il fallait définir "The Nightingale", on peut dire qu’il s’agit d’un "revenge movie", un film de vengeance. Nous sommes au début du XIXème Siècle en Australie. Claire, une jeune servante irlandaise est violée par son maître, un officier britannique. Dans la bataille, elle perd son mari et son bébé… Ivre de douleur, Claire pourchasse l’officier à travers les forêts escarpées de Tasmanie, avec pour guide un pauvre Aborigène.

     L’intrigue de "The Nightingale", sur le papier, n’a rien de très révolutionnaire. L’originalité du film est ailleurs, dans les thèmes qu’aborde la réalisatrice Jennifer Kent. Elle dresse un portrait implacable de l’arrogance des colons britanniques, de la misère des Aborigènes traités comme des chiens galeux, et bien sûr de cette jeune Irlandaise qui a tout perdu et qui cherche dans la vengeance une dernière raison de vivre… Jennifer Kent filme la violence de cette histoire sans essayer ni de l’édulcorer ni de la banaliser. Son film est âpre mais rappelle un peu la singularité d’une autre cinéaste, néo-zélandaise celle-là : Jane Campion qui décrocha la Palme d’Or à Cannes avec "La leçon de piano".  

    Jennifer Kent pourrait-elle, de son côté, décrocher le Lion d’Or à la Mostra ? C’est peu probable, par contre "The Nightingale" a toutes ses chances de figurer au palmarès samedi soir. A la conférence de presse de présentation de son film, la cinéaste australienne a expliqué son malaise d’être la seule femme en compétition : “J’aurais aimé que mes collègues réalisatrices soient ici avec moi. Je crois que c’est vraiment important que l’on aille vers la parité des sexes, c’est vital ! Le boulot du cinéma, c’est de refléter le monde, et s’il ne montre que le ressenti de 50% de la population, le cinéma ne fait pas son travail ! Je pense que c’est un problème très sérieux. Je pense que mon film, "Le rossignol" parle de l’importance de respecter la féminité dans tous ses aspects, que ce soit chez cette femme ou dans les cultures indigènes… Et j’espère que chacun d’entre nous pourra retrouver en lui un équilibre plus juste entre la masculinité et la féminité. "