Mostra 2018 : "A Star is born", Lady Gaga débute au cinéma

Le film était présenté hors compétition hier soir au Lido, mais c’était un évènement. Primo, parce que c’est le premier long-métrage réalisé par Bradley Cooper, qui effectue son retour aussi devant la caméra. Secundo, parce que sa partenaire, Lady Gaga, est célèbre comme popstar… Mais elle effectue ici ses premiers pas comme actrice.

 

A star is born

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Bradley Cooper et Lady Gaga à la présentation de "A star is born" © VINCENZO PINTO - AFP

"A star is born" est un classique hollywoodien vieux de 80 ans. La première version, avec Janet Gaynor et Fredric March, date de 1937. Celle de George Cukor, avec Judy Garland et James Mason, de 1954. Une troisième mouture, avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson, est sortie en 1976. Le thème est connu de tous : une star masculine, alcoolique et en chute de vitesse, repère une jeune chanteuse, en tombe amoureux, et lui offre un tremplin pour devenir une vedette. Pendant que la carrière du premier décline, celle de la seconde décolle…

"A star is born" version 2018 est celle des "premières fois" : première réalisation pour Bradley Cooper, première prestation de chanteur – il incarne un guitariste et chanteur de rock, Jackson Maine -, premier rôle de composition pour Lady Gaga. On savait la performeuse new yorkaise très à l’aise sur scène, elle se révèle actrice très convaincante. Sans fard, sans maquillage extravagant, elle incarne Ally, jeune serveuse assez complexée mais portée par la confiance de Jackson. Cooper, lui aussi, se révèle crédible en rockstar abîmée par l’alcool et diverses substances. Et surtout, le couple fonctionne à l’écran, car l’alchimie existe. Le film n’est pas d’une originalité fracassante – mais est-ce que c’est ce qu’on lui demande ? – et recèle quand même quelques séquences mémorables, dont un gala des Grammy Award qui donne la chair de poule. Bradley Cooper a sans doute, avec "A star is born", gagné ses galons de réalisateur à Hollywood.

The ballad of Buster Scruggs

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Ethan et Joel Coen à la Mostra © VINCENZO PINTO - AFP

Très loin du cinéma hollywoodien, les frères Coen étaient aussi présents hier avec leur nouveau film, "The ballad of Buster Scruggs". Produit par Netflix – qui en proposera sans doute une version en six épisodes, "The ballad" est un film à sketches, une collection de six récits du Far West. Joel et Ethan Coen avaient déjà abordé le western avec un remake réussi de "True grit", mais ici, le ton est plus caricatural et parodique. C’est bien simple : certains personnages semblent tout droit sorti d’un album de "Lucky Luke" ( et on se prend à rêver de ce que les Coen Brothers arriveraient à créer en s’emparant de l’œuvre de Morris et de Goscinny).

On croise ainsi un cow-boy chanteur et tireur d’élite, un vieux chercheur d’or, un montreur de poule savante, un meneur de caravane très sentimental, etc… Comme de coutume, l’humour pince-sans-rire des Coen est au rendez-vous, tout comme leur fabuleux sens de l’image et la musique de leur complice Carter Burwell. Mais " Buster Scruggs " est inégal, comme tous les films à sketches de l’histoire du cinéma. Ironie du sort : ces six récits seront sans doute plus savoureux sous la forme d’une série proposée en streaming qu’enchaînés artificiellement dans un long-métrage de deux heures quinze… Cela étant, même sous cette forme, "Buster Scruggs" est riche de suffisamment de trouvailles pour mériter le déplacement.