Les critiques d’Hugues Dayez à Cannes : Flag Day, la revanche de Sean Penn ?

Au Festival de Cannes, peu de films américains concourent cette année pour la Palme d’Or : seulement trois titres sur les 24 films de la compétition officielle. Le premier de ces trois films a été présenté hier soir : "Flag Day" de l’acteur et réalisateur Sean Penn.

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Sean Penn à la conférence de presse © Valery HACHE / AFP
Sean Penn sur le tapis rouge © Valery HACHE / AFP
L’actrice Katheryn Winnick, le réalisateur et acteur Sean Penn et sa fille Dylan Penn © CHRISTOPHE SIMON / AFP
Sean Penn et sa fille Dylan Penn © CHRISTOPHE SIMON / AFP

Sean Penn est-il viscéralement masochiste ? Ou alors animé par un esprit de revanche ? Il y a cinq ans, il avait présenté sur la Croisette sa dernière réalisation, "The last face" avec Charlize Theron et Javier Bardem, une calamiteuse love story sur fond de croisade humanitaire qui avait été descendue en flammes par la critique internationale. Le désastre était tel que la carrière internationale du film a été stoppée net.

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Sean Penn a ensuite vécu une véritable traversée du désert, et le Festival décidait après ce cataclysme de ne plus montrer les films en avant-première à la presse, histoire de limiter désormais la casse. (Car en cas de douche écossaise à la vision de presse du matin, l’équipe du film incriminé monte le soir les marches comme si elle allait à l’échafaud).

 

Hier soir, c’était donc en même temps que les invités de gala que les critiques découvraient le nouveau film de Sean Penn, intitulé "Flag Day". Ce long-métrage s’inspire librement d’une histoire vraie : celle de Jennifer Vogel, une journaliste américaine qui a tenté de se forger un destin malgré une enfance chaotique, dominée par un père fantasque, voleur et menteur. C’est Sean Penn lui-même qui incarne ce père indigne, tandis qu’il a confié le rôle de Jennifer à sa propre fille, Dylan Penn.

"Flag Day" ressemble d’ailleurs à une longue déclaration d’amour à celle-ci, ce qui aurait pu être assez touchant si Sean Penn ne se regardait pas filmer avec autant de complaisance. Sur le plan visuel, "Flag Day" ressemble à un pastiche des films américains indépendants des années 70, ceux de Jerry Schatzberg ("L’épouvantail") ou d’Ulu Grosbard ("Le récidiviste") ; autrement dit, il est faussement original.

Bref, sans être indigne, "Flag Day" ne va pas suffire à remonter durablement la cote de la star : le film a été accueilli avec une relative indifférence à la vision de presse.

 

La séquence du JP