L'interview de Penelope Cruz à Cannes

Penelope Cruz à Cannes
Penelope Cruz à Cannes - © RTBF

Hugues Dayez a rencontré à Cannes, l'actrice Penelope Cruz qui est venue présenter le film d'Asghar Farhadi, en compétition au Festival.

L'interview intégrale en version originale.

Jouer l'anxiété, la disparition d'un enfant est un sentiment très difficile, comment jouer cela de manière crédible ?

Penelope Cruz : Beaucoup de gens me posent la question, et je n'ai pas envie de mentir en disant : oh, non, c'est facile... En fait, c'était vraiment difficile ! le rôle le plus difficile que j'aie eu à jouer. Parce que j'ai joué dans de nombreux drames, mais il y avait toujours des moments heureux, des moments de relâche avec des lueurs d'espoirs... Mais ce personnage à partir du moment où elle est confrontée à cette énorme épreuve dans sa vie, va être totalement désespérée pendant les trois quarts du film. C'était très difficile, presque tous les jours de tournage étaient difficiles, intenses, et Asghar est un réalisateur incroyable, il m'a dirigée à travers tout ça. Il était très exigeant mais aussi très gentil, et j'ai essayé de lui donner tout ce que je pouvais ! Et s'il ne croyait pas à une scène, il venait vers nous et il nous disait : oubliez que nous tournons un film, ceci doit ressembler à un documentaire. Et je n'ai pas cru en toi dans cette prise, tes yeux mentaient... oui, il nous disait des choses comme ça ! Et au début, on était terrifiés, qui va nous donner ce genre de commentaires ! mais il est tellement adorable, c'est un réalisateur très généreux, très gentil, exigeant mais très respectueux. Donc, nous voulions lui donner le meilleur de nous, nous avons essayé.

Javier Bardem est votre partenaire dans la vraie vie, est-ce un avantage ou bien parfois, est-ce plus difficile de tracer une ligne entre la vraie vie et les personnages de fiction ?

Penelope Cruz : Ça a de nombreux avantages, mais en même temps, nous avons le sentiment que nous ne voulons pas faire ça tous les ans, ou tous les deux ans. Et là je pense aussi au public, d'avoir toujours les mêmes acteurs, même si nous ne jouons pas toujours un couple dans le film, mais c'est quelque chose à faire de temps en temps. Et bien sûr, il y a beaucoup d'avantages, il y a beaucoup de confiance entre nous, et nous partageons cette passion pour le métier d'acteur que nous avons depuis notre enfance. Et nous travaillons de manière similaire… Mais c'est bien une fois de temps en temps.

Vous connaissez bien le Festival de Cannes, est-ce que c'est un plaisir ou est-ce que vous sentez la pression ?

Les deux, c'est un plaisir d'être invitée, surtout pour la compétition, et c'est un honneur de faire l'ouverture, et vous pouvez aussi arriver à avoir un bon moment, quand vous pouvez aller à la projection, voir le film avec toute l'équipe, avec un public nombreux pour la première fois… mais bien sûr, c'est un challenge, parce que c'est un festival important, ça peut être très dur, on ne sait jamais. Hier, c'était une très bonne projection, mais j'ai connu d'autres situations aussi, et c'est un autre type d'expérience !