Festival de Cannes : "Un couteau dans le cœur", Vanessa Paradis égarée dans un mauvais thriller

Vanessa Paradis
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Vanessa Paradis - © VALERY HACHE - AFP

Il y a un paradoxe Vanessa Paradis : elle reste depuis des lustres une véritable icône de la presse people, même ici à Cannes, et pourtant sa carrière au cinéma est totalement chaotique, jonchée d’innommables navets. Le film en compétition "Un couteau dans le cœur" de Yann Gonzalez en est un bon exemple…

Paris, 1979. Anne (Vanessa Paradis), productrice de films pornos gays, est inconsolable : sa monteuse Loïs, l’amour de sa vie, est en train de rompre avec elle. Pour tenter de tenir bon, Anne se réfugie dans le travail et les tournages avec sa petite équipe fidèle. Mais elle découvre que, un à un, ses acteurs-fétiches sont sauvagement poignardés par un mystérieux serial killer… Devant l’inertie de la police, Anne tente de mener elle-même son enquête.

L’esthétique du film de Gonzalez rejoint très logiquement celle des films pornos alternatifs des seventies, tournés à la chaîne avec des budgets réduits et des acteurs récurrents… Dans "Un couteau dans le cœur", beaucoup d’acteurs jouent donc délibérément faux – aujourd’hui, on dirait " décalé " pour faire snob – dans des décors de pacotille. Mais pour enrichir son pastiche, le réalisateur français essaye de brouiller les cartes en y ajoutant des références cinéphiliques comme à Georges Franju (le tueur est masqué comme dans "Les Yeux sans visage" ou "Judex") mais aussi aux films fantastiques de Dario Argento.

In fine, quand on enlève cet arsenal de références, on s’interroge sur ce que nous dit "Un couteau dans le cœur"… La réponse est : rien, ou presque. C’est un exercice de style qui, à force de copier l’art et la manière d’un cinéma ringard – les films X sous l’ère Giscard – est lui-même contaminé par cette ringardise. Et la pauvre Paradis, mal fagotée et mal maquillée, vit un enfer dans cette galère.