Festival de Cannes : Avec "Capharnaüm", la réalisatrice Nadine Labaki, candidate sérieuse pour la Palme d'Or

Nadine Labaki et  Zain Al Rafeea l'acteur principal du film "Capharnaüm"
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Nadine Labaki et Zain Al Rafeea l'acteur principal du film "Capharnaüm" - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Alors que ses consoeurs Eva Husson ("Les filles du soleil") et Alice Rohrwacher ("Lazzaro Felice") n’ont guère convaincu, Nadine Labaki, troisième et dernière femme cinéaste en compétition, a toutes ses chances de remporter la Palme d’Or avec son très beau "Capharnaüm".

 

Le début du film est intrigant : à Beyrouth, Zain, un garçon de douze ans détenu dans une prison pour mineurs, intente un procès à ses parents. Le juge le questionne : "Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? " Réponse de l’enfant : "Pour m’avoir mis au monde". Commence alors un long flashback, qui dépeint l’existence misérable de Zain, dans une famille nombreuse sans argent et sans amour, son envie de fuir, de travailler, de gagner son indépendance. Zain rencontre Rahil, une immigrée éthiopienne clandestine, mère d’un petit garçon dont il devient, un peu malgré lui, le baby-sitter…

Cette fresque sur le Quart-monde, sur les rejetés du système, sur un enfant qui reproche à ses parents leur irresponsabilité, avait tout du sujet casse-gueule. Mais Nadine Labaki traite ces thèmes avec tact et pudeur, et a trouvé en Zain Al Raffeea, âgé de 13 ans, un interprète inoubliable. "Capharnaüm  a tous les atouts d’une Palme d’Or idéale : c’est un film qui, à la fois, décrit à merveille les horreurs de notre époque, et qui touche à l’universel grâce à son casting parfait d’enfants. Labaki pourrait, 25 ans après Jane Campion et "La leçon de piano", être la deuxième cinéaste à remporter la Palme… Enfin !