Cannes Jour 9 : "Good Time", le nouvel essai de Robert Pattinson

Robert Pattinson, à Cannes pour "Good time"
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Robert Pattinson, à Cannes pour "Good time" - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Le Festival de Cannes aime bien les anciennes stars de "Twilight", et trouve tous les prétextes pour les inviter. Thierry Frémaux a convié il y a quelques jours Kristen Stewart à présenter un court-métrage, et a sélectionné aujourd’hui en compétition "Good Time" pour mettre en vedette Robert Pattinson.

Good Time

Nick (Benny Safdie, acteur et coréalisateur du film) est handicapé mental. Son frère Connie (Robert Pattinson) ne supporte pas qu’il soit placé en institution, et l’embarque pour un hold-up qui devrait leur rapporter le pactole nécessaire à acheter une maison ensemble. Mais le braquage tourne court, et Nick est arrêté. Dans un premier temps, Connie essaie de réunir le montant de la caution nécessaire pour le faire libérer mais, celui-ci étant trop élevé, il décide d’organiser son évasion de l’hôpital où il a été placé. Commence alors pour Connie une nuit trépidante dans les bas-fonds de New York…

Les frères Josh et Benny Safdie, issus du cinéma indépendant américain mais peu connus chez nous, aiment visiblement le style des années 70 : leur film, tourné en pellicule 35 mm, rappelle l’esthétique des polars de Sydney Lumet avec Al Pacino. Mais dans les films de Lumet, le polar n’était qu’un prétexte pour dresser un portrait de la face sombre de l’Amérique. On ne retrouve pas cette ambition dans "Good time", qui fait preuve d’une belle maîtrise dans la mise en scène, mais qui n’ajoute pas grand-chose à la grande histoire du film noir. Dans le rôle d’un malfrat du Queens, Robert Pattinson s’en tire avec les honneurs : tant dans son accent new yorkais que dans son look fatigué, il veut faire oublier le beau gosse britannique qui a déjà tant fait craquer des millions d’adolescentes… Courage Robert ! Encore quelques contre-emplois comme ça, et "Twilight" ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Krotkaya (Une femme douce)

Ça ne rate pas : chaque année dans la compétition, il y a LE film-pensum, le machin interminable qui se révèle une véritable épreuve pour le festivalier même le plus endurant. "Krotkaya" est ce film-là : en près de deux heures et demie, il raconte le pèlerinage d’une pauvre femme qui veut déposer un colis à son mari en prison mais qui enchaîne les malheurs. Fonctionnaires obtus, policiers véreux, souteneurs inquiétants, prostituées agressives… Notre héroïne ne croise que des vilains méchants dans son pénible chemin de croix. Que veut nous dire le réalisateur Sergei Loznitsa ? Que son Ukraine natale est un pays pourri ? Message bien reçu. Mais il n’était pas indispensable d’enfoncer des portes ouvertes avec un bélier en chêne massif pour nous l’asséner ; un film plus court, plus allusif et moins désespérément lourdingue aurait été plus efficace.