Cannes Jour 5, "Le redoutable", Godard vu par le cinéaste d'"OSS 117"

Louis Garrel a le redoutable rôle d'incarner Jean-Luc Godard à l'écran
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Louis Garrel a le redoutable rôle d'incarner Jean-Luc Godard à l'écran - © LOIC VENANCE - AFP

Jean-Luc Godard fait partie de la grande histoire de Cannes, mais cela fait des années qu’il ne vient plus au Festival. Et pourtant, aujourd’hui, l’ex-enfant terrible de la Nouvelle Vague est présent sur le grand écran du Palais du Festival aujourd’hui ; il est le personnage principal d’un film français en compétition, " Le Redoutable " signé Michel Hazanavicius

Le redoutable

"Le redoutable" s’inspire directement d’un livre d’Anne Wiazemski, petite fille du romancier François Mauriac, qui fut l’actrice principale du film "La Chinoise" de Jean-Luc Godard en 1967, et qui épousa le cinéaste dans la foulée. Godard est alors au faîte de sa gloire, mais la révolution de mai 68 va ébranler toutes ses certitudes ; il va alors renier ses films les plus célèbres pour rejoindre un collectif maoïste sous le nom de Dziga Vertov.

"Le redoutable" saisit donc Godard à une période charnière de sa carrière. La jeune Anne Wiazemski est incarnée par Stacy Martin, actrice et modèle vue dans "Nymphomaniac" de Lars Von Trier, dont le principal atout est de pouvoir jouer dans le plus simple appareil avec une certaine aisance. Quant à Godard, c’est Louis Garrel qui s’applique à reproduire son zézaiement avec application. Derrière la caméra, Michel Hazanavicius, le réalisateur de "OSS 117" et de "The Artist" a choisi de faire de cette histoire de couple tourmenté une comédie légère, parsemée de runnings gags comme celui de Godard qui se fait écraser ses lunettes à chaque manifestation estudiantine… Ce parti-pris de tourner à la légère, voire au pastiche, le portrait d’un mythe du cinéma français atteint très vite ses limites : "Le redoutable" ressemble, c’est selon, à un collage de sketches, ou à une grosse pantalonnade.

The Meyerowitz Stories

Le cinéaste juif new-yorkais Noah Baumbach, sorte de fils spirituel de Woody Allen, arrive aussi en compétition aujourd’hui avec une chronique familiale douce-amère. Soit l’histoire d’un vieil artiste obscur, Harold Meyerowitz (Dustin Hoffmann), aigri par son déficit de célébrité et monstrueusement nombriliste, qui va, sous l’impulsion de sa compagne fantasque (Emma Thompson) vendre sa maison. Il retrouve à cette occasion ses trois enfants dont il s’est si peu occupé – incarnés par Ben Stiller, Adam Sandler et Elizabeth Marvel…

Humour désenchanté, dialogues savoureux, casting trois étoiles : " The Meyerowitz stories " est un vrai bonbon pour l’esprit, une pause bienfaisante dans une sélection officielle pas forcément désopilante. Le film est produit par Netflix, donnera une belle montée des marches – quel bonheur de revoir Dustin

Hoffmann sur la Croisette – mais a peu de chance de se retrouver au palmarès, le film étant sans doute trop " commercial " pour Cannes.