Cannes Jour 11 : "You were never really here", impressionnante Lynne Ramsay

Lynne Ramsay
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Lynne Ramsay - © LOIC VENANCE - AFP

En 2011, la cinéaste britannique Lynne Ramsay présentait en compétition un très grand film, "We need to talk about Kevin", et repartait bredouille – un véritable scandale… Six ans plus tard, elle intègre la compétition de cette 70ème édition in extremis : elle a terminé son nouveau film, "You were never really here", à peine quelques jours avant le début du Festival, et le présente ce soir.

You were never really here

Le film raconte l’odyssée de Joe, un ancien militaire, engagé par de mystérieux commanditaires pour retrouver la fille d’un sénateur qui a été kidnappée. Mais plus Joe avance dans ses recherches, plus il va être entraîné dans une spirale de violence qui le dépasse…

Avec la complicité de l’acteur Joaquin Phoenix, la cinéaste Lynne Ramsay livre un portrait impressionniste de la solitude d’un mercenaire. Avare de dialogue, le film suit un Phoenix barbu, fatigué, alourdi par le poids de son passé et envahi par les fantômes traumatisants de son enfance. Ramsay s’empare d’un genre, le film noir, et arrive à se débarrasser de tous les clichés inhérents à ce genre.

Déjà, sa manière de filmer la violence n’a rien à voir avec les spectacles hollywoodiens et autres démonstrations "à la Tarantino" : les cadavres que Joe croisent sur son passé sont à la fois effrayants et pitoyables. Mais Ramsay parvient aussi à insuffler une certaine poésie dans la descente aux enfers de Joe ; les scènes du personnage avec sa vieille mère sont empreintes d’une vraie tendresse.

"You were never really here" parvient à être autre chose qu’un bel exercice de style sur un thème connu; c’est un film qui témoigne d’une vraie inspiration émanant d’une grande cinéaste. Reste à espérer que le jury n’oublie pas de réserver à Lynne Ramsay une place dans son palmarès demain soir…