Cannes 2018, "Girl", la révélation belge du Festival

Lukas Dhont
Lukas Dhont - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Lukas Dhont n’a que 26 ans, il est gantois, il a fait l’évènement aujourd’hui dans la section "Un certain regard" (la sélection officielle bis, en quelque sorte) avec son premier long-métrage "Girl".

"Girl", c’est le portrait de Lara, une adolescente de quinze ans, entourée de l’affection de son père Mathias et de son petit frère Milo. La famille vient de déménager pour que Lara puisse accomplir son rêve : entrer dans une école prestigieuse pour devenir danseuse-étoile. Depuis toujours, Lara se sent fille à 100%... Mais elle a grandi dans un corps de garçon. Elle se retrouve alors face à une double épreuve : suivre des cours d’une exigence énorme avec son corps qui n’est pas formaté pour, et suivre le programme de transition hormonale pour tenter de vivre une puberté de jeune fille.

Inspiré par un destin similaire résumé dans un article de journal, Lukas Dhont a trouvé là immédiatement le sujet de son premier long-métrage. Mais il savait que s’il ne dénichait pas l’oiseau rare pour incarner Lara, son projet s’écroulait. Après avoir auditionné près de cinq cents jeunes – filles comme garçons -, il a jeté son dévolu sur un jeune danseur bruxellois, Victor Polster. Ce choix de casting est miraculeux : Victor est stupéfiant et crève l’écran. Dhont a l’intelligence de ne pas surcharger son film de dialogues explicatifs (on ne saura par exemple jamais ce qu’il est advenu de la mère de Laura, et ça n’a finalement pas d’importance), et de faire confiance au visage de son acteur, qui exprime à merveille les affres de son personnage.

"Girl" a failli faire partie de la compétition officielle mais pour des raisons qui n’appartiennent qu’au sélectionneur Thierry Frémaux, le film a dû se contenter d’une place à "Un certain regard". C’est dommage, mais ce n’est pas trop grave : aujourd’hui, sur la Croisette, un acteur et un réalisateur sont nés. Comme quoi, à Cannes, des miracles sont encore possibles.