Cannes Jour 8 : Accueil très mitigé pour "La fille inconnue" des frères Dardenne

Luc et Jean-Pierre Dardenne
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Luc et Jean-Pierre Dardenne - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Au cœur de ce nouveau film, "La fille inconnue", il y a Jenny (Adèle Haenel), jeune médecin généraliste qui, un soir, entend un coup de sonnette intempestif à son cabinet. Les consultations sont finies depuis une heure, Jenny ne va pas ouvrir. Le lendemain, elle apprend par la police qu’il s’agissait d’une jeune Africaine, et qu’on a retrouvé son cadavre, le crâne fracassé en bord de Meuse… Rongée par la culpabilité, Jenny ne peut s’empêcher de mener sa propre enquête pour découvrir l’identité de la jeune fille et les circonstances de sa mort.

A la manière de Simenon, l’intrigue policière dans "La fille inconnue" n’est qu’un prétexte chez les Dardenne pour traquer la vérité des êtres, pour dresser le portrait de Jenny, jeune docteur qui s’interroge encore sur l’implication émotionnelle qu’elle doit avoir avec ses patients. Adèle Haenel (lauréate du César grâce au film "Les combattants") joue avec beaucoup de retenue et de sobriété ce personnage, et apporte au film une vraie intensité. Hélas, certains seconds rôles – dont Jérémie Renier – sont moins convaincants…

Le film a été très timidement applaudi à l’issue de la vision de presse, récoltant même quelques sifflets. En résumé, les critiques anglo-saxons considèrent le scénario improbable et mal construit, et n’adhèrent pas à la forme du polar choisie par Luc et Jean-Pierre Dardenne. Les critiques francophones sont en général plus enthousiastes, même si la prestation d’Haenel divise : "intériorisée" pour ses fans, "minimaliste et dénuée d’émotion" pour ses détracteurs…

Une certitude : des sept films des Dardenne présentés en compétition à Cannes, "La fille inconnue" est celui qui divise le plus la critique.