Cannes 2016 jour 10 : Le flop avec Sean Penn, la polémique avec Nicolas Winding Refn

Sean Penn
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Sean Penn - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

The last face

Wren est la fille d’un grand médecin directeur d’une ONG, dont elle a pris la succession. Miguel est un médecin baroudeur, prêt pour les missions les plus dangereuses dans des pays en guerre. Dans un camp de réfugiés en Afrique, ils vont vivre une folle passion… Mais leur amour peut-il survivre dans des conditions si difficiles ?

Ce résumé, digne d’un quatrième de couverture d’un roman Harlequin, est le scénario du nouveau film de Sean Penn. Et le résumé suffit presque à décrire la catastrophe. Amoureux de son actrice principale Charlize Theron, Penn la filme sous toutes les coutures pendant deux heures, face à Javier Bardem. L’horreur de la guerre civile, la situation tragique des réfugiés ne sert que comme décor à leur idylle. Ce n’est pas seulement maladroit, c’est assez nauséabond… C’est le genre de bluette qui rendrait un vrai docteur de Médecins du Monde hors de lui.

Qui plus est, cette "love story", filmée avec une esthétique de couchers de soleil, est souligné par une partition "africaine" de Hans Zimmer, qui semble confondre le drame de "The last face" avec "Le Roi Lion".

"The last face" a été hué à l’issue de la vision de presse. C’est tout ce qu’il mérite.

The Neon Demon

Une ingénue, Jessie (Elle Fanning) débarque dans le milieu de la mode à Los Angeles, et son succès immédiat déclenche la jalousie farouche des top models en place…

C’est tout ? Oui, à peu près. Après une envoûtante mise en place des protagonistes et un bref discours philosophique sur la dictature de la beauté,

Nicolas Winding Refn prend un virage gore sanguinolent dans la deuxième partie de son film.

"The Neon Demon" a à la fois été hué et applaudi. Ses détracteurs voient en Refn un poseur qui masque son absence d’inspiration par un style visuel tape-à-l’œil. Ses fans louent la créativité de ses superbes images, soulignées par une excellente bande originale de Cliff Martinez (déjà auteur de celle de " Drive). Le problème, c’est que les deux groupes ont raison : oui, Refn fait de l’esbroufe et n’a pas grand-chose à dire, et oui, il filme aussi comme un dieu… Et ne fera donc jamais l’unanimité.