Cannes 2016 Jour 1 : "Café Society", un Woody Allen mélancolique

Blake Lively, et Kristen Stewart entourent Woody Allen au photo call ce matin
8 images
Blake Lively, et Kristen Stewart entourent Woody Allen au photo call ce matin - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

C’est la troisième fois que Woody Allen fait l’ouverture du Festival de Cannes : après "Hollywood ending" en 2002 et "Midnight in Paris" en 2011, voici donc "Café Society". Woody montera ce soir les marches du palais avec le couple d’acteurs vedettes du film, Jesse Eisenberg et Kristen Stewart.

 

Le film nous replonge dans l’âge d’or d’Hollywood, dans les années 30. Phil (Steve Carell), agent très influent, reçoit un coup de fil de New York de sa sœur qui lui annonce que son neveu, Bobby, a l’intention de débarquer à Los Angeles et lui demande de lui dénicher un job dans un studio. De mauvaise grâce, Phil s’exécute et trouve un travail subalterne au jeune homme. Bobby (Jesse Eisenberg) ne tarde pas à tomber amoureux de la secrétaire de Phil, Veronica (Kristen Stewart). Celle-ci est charmé par la cour de Bobby, mais lui précise qu’elle n’est pas libre ; en réalité, elle est, en cachette, la maîtresse de son oncle…

Ce qui frappe de prime abord dans "Café Society", c’est sa beauté formelle : Allen a pu retravailler avec un immense directeur de la photo, Vittorio Storaro, et sa reconstitution du Hollywood d’antan est une splendeur. A travers ce récit plutôt convenu d’un marivaudage amoureux, Woody Allen a surtout envie de se faire moraliste désenchanté, et dépeint des personnages qui, derrière des fastes glamour et une aisance matérielle, souffrent de ne pas vivre avec la bonne personne au bon moment. Il s’amuse aussi à comparer les vertus de la religion juive et du catholicisme… Comme le précise Bobby : "La vie est une comédie écrite par un auteur sadique ".

Même si "Café Society" n’ajoutera rien à la gloire du réalisateur du mythique "Annie Hall", il confirme qu’à 80 ans passés, Woody Allen continue d’explorer ses obsessions avec une certaine élégance. Ce qui est certain, c’est que chez lui, l’humour est vraiment la politesse du désespoir…