Abel Quentin est le lauréat du Prix Première avec "Sœur", "un livre coup de poing"

Abel Quentin est le lauréat du Prix Première avec "Sœur"
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Abel Quentin est le lauréat du Prix Première avec "Sœur" - © Tous droits réservés

Le Prix Première a été décerné ce jeudi 5 mars à l’auteur français Abel Quentin pour “Sœur” publié aux Editions de l’Observatoire. Un premier roman à l’écriture "maîtrisée" et "pleine de finesse".

 

L’année dernière, c’est l'écrivain Alexandre Lenot qui avait été distingué pour son roman “Ecorces Vives”, un roman noir “construit sur une tension souterraine, un entrelacs de préjugés définitifs et de rancœurs séculaires”. En 2020, Abel Quentin est le lauréat du Prix Première, qui “récompense un premier roman, francophone, édité entre les rentrées littéraires de septembre et janvier”. Le prix lui a été remis lors d’une émission spéciale de La Première, présentée par Laurent Dehossay en direct de la Foire du Livre de Bruxelles, jeudi 5 mars.

 

Face à lui, neuf auteurs et autrices et autant d’ouvrages de grande qualité étaient en lice pour le Prix : Gil Bartholeyns pour "Deux kilos deux" (JC Lattès), Joffrine Donnadieu pour "Une histoire de France" (Gallimard), Guillaume Sørensen pour "Le planisphère Libski" (L’Olivier), Sofia Aouine pour "Rhapsodie des oubliés" (La Martinière), Anne Pauly pour "Avant que j’oublie" (Verdier), Caroline Valentiny pour "Il fait bleu sous les tombes" (Albin Michel), Matthieu Poux pour "Gaule-Orient-Express" (Actes Sud), Paul Kawczak pour "Ténèbre" (La Peuplade) et Valérian Guillaume pour "Nul si découvert" (L’Olivier).

 

Retrouvez ici les résumés d’ouvrages des 10 finalistes

 

C’est une grande joie d’être reconnu et distingué, d’autant plus que le métier d’auteur est un métier très solitaire.

Abel Quentin

 

Originaire de Lyon, Abel Quentin est avocat pénaliste à Paris. Il s’intéresse depuis toujours aux lettres et on raconte qu’il aurait préféré se voir offrir “A la recherche du temps perdu” à la place d’une mobylette à ses 18 ans. Du côté du Barreau, Abel Quentin a déjà représenté des jeunes gens radicalisés, un phénomène qui s'amplifie depuis 2013. “J’ai défendu des gens qui étaient mis en cause dans des affaires d’association de malfaiteurs terroristes” explique-t-il. Cette expérience singulière et réelle a par la suite nourri l'écriture de son premier roman “Sœur” dont l'héroïne, Jenny, est en phase de radicalisation.

“Sœur”, un roman d’actualité

"Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l’hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu’aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa chambre saturés de posters d’Harry Potter, la vie se consume en silence et l’horizon ressemble à une impasse. La fielleuse Chafia, elle, se rêve martyre et s’apprête à semer le chaos dans les rues de la capitale, tandis qu’à l’Élysée, le président Saint-Maxens vit ses dernières semaines au pouvoir, figure honnie d’un système politique épuisé. Lorsque la haine de soi nourrit la haine des autres, les plus chétives existences peuvent déchaîner une violence insoupçonnée."

 

Conscient du sujet délicat et fourre-tout de son ouvrage, Abel Quentin a voulu apporter un point de vue nuancé et remettre de l’humain au cœur d’un thème de société abordé de manière trop souvent stéréotypée. Il a surtout cherché à "explorer les thèmes de l’adolescence et de l’autodestruction, qui sont des thèmes universels". Abel Quentin explique également qu’en prenant l’Islam radical en toile de fond, il avait comme obligation de sonner juste. Les membres du jury composés d'auditeurs saluent la finesse d’écriture, un "livre coup de poing", un "roman d’actualité" qui ne souffre pas de son sujet, au contraire.

"Sœur" d’Abel Quentin
Paru le 21 août 2019
Aux Editions de l’Observatoire

19 euros