"The Art of The Possible", un nouveau documentaire autour de Marcel Duchamp

Le documentaire "Marcel Duchamp : The Art of the Possible", s’ouvre sur une citation de l’artiste d’origine française : "Je me suis forcé à me contredire pour ne pas me conformer à mes propres goûts".

Le documentaire explore, en 1 heure et 29 minutes, la philosophie de l’un des artistes plasticiens les plus influents du XXe siècle. Le sculpteur américain Matthew Taylor, réalisateur du documentaire, examine la manière dont l’œuvre de Duchamp a façonné notre approche de l’esthétique, de l’art et de la culture.

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"Marcel Duchamp : The Art of the Possible" fait intervenir des universitaires, des conservateurs et des artistes qui évoquent l’influence de Duchamp au XXIe siècle. Parmi eux figurent Jeff Koons, Joseph Kosuth, Dove Bradshaw, Alison Knowles, Ed Ruscha, Carolee Schneemann ou encore Hiroshi Sugimoto.

Marina Abramović, invitée très spéciale du documentaire

"L’artiste seul ne suffit pas à créer une œuvre d’art, celle-ci nécessite la présence d’un spectateur", une conviction de Duchamp partagée par Marina Abramović, qui intervient pour parler de la manière dont le plasticien a marqué sa propre pratique de l’art.

"Il y a une chose qu’il disait et que je répète toujours pour parler de mon œuvre", déclare l’artiste serbo-américaine dans un extrait du documentaire, "lorsque l’on fabrique une œuvre d’art, il faut toujours y laisser un espace qu’investira le public".

Marine Abramović parle de Duchamp

Jeff Koons dans le sillage de Duchamp

Ailleurs, Jeff Koons fait remarquer que son œuvre capitalise sur le concept de "ready-made" cher à Duchamp. Il confère à un objet du quotidien une dimension artistique.

Cette idée provocatrice s’est exprimée en avril 1917, lorsque l’American Society of Independent Artists a rejeté une œuvre proposée par Marcel Duchamp. Il s’agissait du célèbre urinoir signé et daté "R. Mutt, 1917" et intitulé "Fontaine".

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"Quand je travaille un ready-made, je ne me soucie pas de l’objet en lui-même. Il devient une métaphore pour signifier au spectateur qu’il est parfait. Il n’existe ni jugement, ni hiérarchie, ni ségrégation. […] L’objet est toujours une métaphore de l’acceptation des autres", ajoute l’artiste et sculpteur américain.

Disponible sur Amazon et iTunes, le documentaire peut-être loué ou acheté.