1987, la musique pour seule patrie

Andrei Nikolsky à la Chapelle
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Andrei Nikolsky à la Chapelle - © CMIREB

Andrei Nikolsky fut le seul apatride (d’origine russe, à l’époque du régime soviétique) à accéder à la première marche du concours. Il se situait dans la foulée d’Ashkenazy pour l’ampleur sonore et dans la lignée d’Horowitz pour l’inventivité. Il caressait le clavier plus qu’il ne le martelait et avait amorcé le 3ème concerto de Rachmaninov comme au sortir du sommeil, dans un éveil à la musique, pour l’épanouir ensuite en de somptueux éventails. La suite fut emmenée avec grandeur et générosité. Est-ce parce qu’il était pressé de vivre qu’Andrei Nikolsky connut un destin tragique, sur la route, alors qu’il roulait à trop vive allure ? Ironie du sort, l’accident se produisit non loin de la Chapelle Musicale où quelques années avant, il se préparait au triomphe d’un soir.

Le même concerto était inscrit au choix des deuxième et troisième lauréats : Akira Wakabayashi (Japon) et Rolf Plagge (Allemagne) qui a fondé avec Wolfgang Manz, autre lauréat allemand du concours, le duo Reine Élisabeth.

Wakabayashi a conféré de forts accents lyriques à l’expressionisme d’Alban Berg, jusqu’à le pousser avec justesse dans l’insoutenable, à l’inverse de Plagge qui est apparu comme un modèle de régularité et de sobriété.

La critique a estimé que Johann Schmidt (Belgique) méritait mieux que la quatrième marche ; le prix Jacques Stehman vint d’ailleurs confirmer la belle impression qu’il avait faite. La finale de 1987 fut la dernière session piano dirigée par Georges Octors, le précieux ange gardien de bien des concurrents.