Les souvenirs du Concours Reine Elisabeth : 1991, Frank Braley, le cousin de France

Il y a tout juste 30 ans, Frank Braley remportait le premier Prix du Concours Reine Elisabeth.

Ses professeurs avaient averti Frank Braley (France): il n’aurait aucune chance au Concours Reine Elisabeth. On pouvait mieux faire en guise d’encouragements. 

Mais il n’en fit qu’à sa tête et s’y est présenté, à tout hasard, pour tenter le coup de poker. Il vécut la finale comme un vrai concert, assis à côté de lui-même, sans stress, car dès lors qu’il était sur scène, les dés étaient jetés et il entrait dans l’action. Avec lui, le concours avait changé de nature : il ne serait plus le terrain d’affrontements de candidats bodybuildés.

Mais Frank Braley nous est toujours apparu comme un garçon des plus dégourdis, sans crispation. Comme le public du concours lui avait  témoigné une admiration, il en avait induit qu’il aurait au moins ses faveurs avec le prix Jacques Stehman, ce qui s’est trouvé confirmé par le verdict populaire. Aussi, quand son nom fut cité en premier par Eugène Traey, il n’en revint pas. Gagner le concours avec un concerto de Beethoven ‒ le quatrième, c’était du jamais vu et qui ne se pas reproduirait pas de sitôt. C’est le jeu très imaginatif de Braley qui a valu le succès à un musicien situé dans la lignée d’El Bacha et de Volondat.

pour revoir ses prestations en finale

La presse s’est beaucoup interrogée sur le deuxième prix décerné à Stephen Prutsman (États-Unis) et lui a manifestement préféré Brian Ganz (États-Unis) pour sa maturité.

Jan Michiels (Belgique) fut aussi parmi les finalistes. Depuis, il s’est fait un merveilleux avocat de la musique de Debussy.  1991 est la seule session piano du concours dont les finales furent dirigées par Ronald Zollman.