"Salauds de pauvres" : le visage de la mendicité à Bruxelles

"Salauds de pauvres" : le visage de la mendicité à Bruxelles
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"Salauds de pauvres" : le visage de la mendicité à Bruxelles - © Tous droits réservés

A l'initiative du forum bruxellois de la lutte contre la pauvreté, Patrick Severin et Michael de Plaen ont réalisé ce documentaire transmédia qui s'interroge sur la mendicité à Bruxelles, ces pratiques, ces désagréments et qui se cache derrière le gobelet. Ils démontent aussi habilement les clichés autour de la manche.

 

Depuis 1993, il est autorisé de mendier dans les rues en Belgique, après l'abrogation d'une loi répressive. Si l'on ne connaît pas le nombre exact de mendiants à Bruxelles, c'est une ville qui en concentre énormément, spécifiquement dans le centre-ville. Mais les gens qui font la manche sont avant tout des humains qui demandent de l'argent pour subvenir à leurs besoins primaires. 

 

Le webdocumentaire donne un visage à la mendicité de Bruxelles, qui sont ces "salauds de pauvres" ? Comment en sont-ils venus à demander de la monnaie aux passants ? C'est à travers les portraits de Danny, Patrick, Dédé, Frédéric, Simon, Bianca, Olivier, Laurent, Lukas et bien d'autres que sont cassées les idées reçues sur les mendiants. Contraints de faire les poubelles et faire la manche, beaucoup avaient un métier et une vie respectable avant de tomber dans la rue ou fuient leur pays d'origine frappé par l'extrême pauvreté. Ce n'est facile pour personne de se mettre à mendier puisqu'il faut mettre son orgueil de côté, tous se l'accordent. 

 

 

Face au manque d'humanité, certains se battent et pour essayer d'oublier beaucoup boivent. Mais tout ça, c'est pour tenir le coup, même si cela joue en leur défaveur. Ils sont tombés hors du système, dans un cercle vicieux ils resteront peut-être à la rue toute leur vie. Ces mendiants nous renvoient en pleine figure les failles de notre société, comment sans argent les citoyens sont exclus. 

 

"Salauds de pauvres" s'attèle aussi à démonter les clichés sur les roms : en effet beaucoup d'entre eux souffrent d'une mauvaise image. Ce n'est pas une activité culturelle que de faire la manche, la plupart de la communauté rom roumaine ne mendie pas et travaille dans leur pays d'accueil. Les roms qui font la manche ne sont pas non plus des fainéants, ce sont simplement des gens peu éduqués qui ne peuvent légalement rien faire d'autre. 

 

Une très belle initiative qui met en lumière notre hypocrisie face à la mendicité. Pourquoi donner à certains et pas à d'autres ? Pourquoi finalement ne pas interdire la mendicité ? Ce sont toutes ces questions qui sont évoquées dans la dernière partie du webdocumentaire. 

 

Salauds de pauvres est à regarder ici.