Mammal Hands et Nordmann à l'Atelier 210, à l'arrière des berlines

Mammal Hands et Nordmann à l'Atelier 210, à l'arrière des berlines
Mammal Hands et Nordmann à l'Atelier 210, à l'arrière des berlines - © “Shadow Work” / Gondwana Records

L’Atelier 210 a résonné hier soir au rythme du jazz contemporain, d’abord avec les Gantois apocalyptiques de Nordmann puis avec les Britanniques montants de Mammal Hands.

 

 

Première partie de luxe, Nordmann, la formation belge qui habille le free jazz de rock psychédélique s’est créée en 2012 à Gand. Composé par quatre musiciens très talentueux, Dries Geusens à la basse, Elias Devoldere à la batterie, Matthias De Craene au saxophone et Edmund Laurent à la guitare, Nordmann séduit dès les premières notes qui sonnent comme un avant-goût de fin du monde. Fiers d’un premier album Alarm!” (W.E.R.F.) en 2015, le quartet confirme son statut de groupe à suivre avec la sortie de The Boiling Ground” en septembre dernier. Avec un univers très cuivré et marqué de fulgurances instrumentales, la musique des quatre Gantois se fait cinématographique et on imagine déjà certains de leurs titres en générique d’une série sombre, d’un polar lynchien angoissant, éclairage aux néons et routes désertes. 

 

“The Boiling Ground”( 2017) - V2 Music.

Ceux que le public était venu écouter, ce sont les trois britanniques de Mammal Hands qui excellent aussi dans l’art de l’hybride avec une mise en place classique et des tonalités variées. Ils vont puiser aux racines du jazz et y accolent ici et là des influences rythmiques venus d’Inde et des Etats-Unis avec des percussions et des enchaînements presque folk. Inspirés par les sonorités naturelles et minérales, Jordan Smart au saxo, Nick Smart au piano et Jesse Barrett à la batterie et percussions commencent à se faire connaître depuis quelques années dans l’univers et font partie de la nouvelle génération montante du jazz britannique, ils font partie de ceux qui renouvellent le genre. Formé en 2012, Mammal Hands est originaire de Norwich, prolifique, le groupe en est déjà à son troisième album. Si sur scène, c’est Jordan Smart qui ose le plus d’envolées avec ses deux saxophones, les trois musiciens participent tous au processus créatif, enfantant une musique particulièrement équilibrée, cérémonieuse et fascinante. Le dernier album du trio, Shadow Work” est une autoproduction. Nul doute que l’on va retrouver Mammal Hands au firmament du jazz dans les prochaines années.

 

“Shadow Work” (2017) - Gondwana Records.