"Love Nest" : déni d'amour, BD de niche

"Love Nest" : déni d’amour, BD de niche
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"Love Nest" : déni d’amour, BD de niche - © Tous droits réservés

Charles Burns est un des bédéistes les plus doués de sa génération, et c’est aussi un homme qui innove, la preuve avec sa dernière œuvre : Love Nest.

A l’instar de Roy Lichtenstein, Charles Burns est fasciné par le genre comics romantique et s’en inspire dans son style très réel. Dans Love Nest, le dernier objet dessiné non-identifié de Burns, l’auteur nous transporte dans une succession d’images tantôt idéalistes, tantôt cauchemardesques. Le bédéiste va rechercher dans son imagerie la plus sombre d’un côté pour l'apposer aux comics 50s, créant un clair obscur angoissant. Des monstres envahissent les lits noirs et blancs, des hommes tombent dans des puits sans fond et les histoires d’amour semblent mal se finir. Charles Burns semblent essayer de nous perdre dans les abîmes de ses propres pensées, avec un systématisme de références détournées. Love Nest est d’ailleurs le titre d’un film dramatique américain de 1951 par Joseph Newman avec Marylin Monroe, film lui-même nommé en hommage à une musique de Louis Hirsch et adapté d’un roman.

 

 

Charles Burns tisse ici le nid d’un amour improbable entre l’eau de rose dégoulinante des années 50 et le cauchemar puis finalement entre la passion et le réel.

 

Love Nest est un petit livre singulier au format carré, et sans narration classique. Sorti en novembre 2016 chez Cornélius, il s’agit d’une exclusivité mondiale de Charles Burns. La BD arrive en même temps que Vortex, qui vient conclure et étoffer sa trilogie ToXic, aventure mentale dans laquelle Doug se perd entre passé, présent et mondes parallèles.

 

Love Nest de Charles Burns

Sorti novembre 2016

Editions Cornélius