Logiciel libre : "la propriété c'est le vol"

Dans un monde informatique parallèle à Adobe, des alternatives gratuites fourmillent depuis la nuit des temps, tapies dans l’ombre. C’est la communauté du logiciel libre.

Aux prémices de l’informatique, il était très commun d’aller fouiller dans le code source des logiciels, dans le but de le vérifier et l’améliorer. Celui-ci était d’ailleurs librement et facilement accessible pour tout codeur. Voyant le potentiel financier de ce précieux code, des entreprises ont lancé les licences propriétaires, verrouillant l’accès au cœur.

A la source

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Le système d'exploitation GNU/Linux a été construit collectivement. © Miodrag Gajic / iStock

La branche parallèle contestataire à la monétisation des softwares s’est alors réveillée, et constituera un mouvement sociétal dans le monde informatique. Insufflé par Richard Stallman et une poignée de hackers, le mouvement GNU avait pour but de créer un système d’exploitation entier composé de logiciels dont le code et la distribution étaient libres. La première version a vu le jour en 1992, elle s’est construite autour du "noyau Linux" (une base de système d’exploitation mise à disposition gracieusement). Le mouvement du logiciel libre prend corps à cette époque sur base du manifeste GNU et son nouveau système d’exploitation.

 

Le logiciel libre et la philosophie qui en découle prônent : la libre distribution du code d’un logiciel et sa modification en vue d’amélioration pour la mise à disposition du public. Ce travail communautaire est proche de l’éthique des hackers aux accents utilitaristes voire du communisme. Grâce aux penchants créatifs des petites mains du GNU et ses disciples, il existe aujourd’hui des logiciels gratuits pour à peu près tout : de la retouche photo avec The Gimp, du traitement de texte avec OpenOffice, de la lecture multimédia avec VLC

Dans le secteur public

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Le logo du GNU. © GNU

Les solutions alternatives informatiques intéressent de plus en plus les institutions publiques, essentiellement pour une question de réduction des coûts administratifs. Les pays émergents adoptent ces logiciels qui n’ont souvent rien à envier à des logiciels sous licence propriétaire, et qui sont le fruit d’un travail collectif. Une philosophie plus louable que le mercantilisme… En 2012, une recommandation du gouvernement français liste même les logiciels libres avec lesquels le secteur public va travailler. Preuve d’un retour aux sources.