Les charmes discrets de la mort gutturale

Selfie.
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Selfie. - © Joan Cornella

Joan Cornella est un artiste composite mêlant l’allégresse et le trash, à prendre au 90e degré, comme l’alcool.

 

Illustrateur espagnol, Joan Cornella a collaboré avec plusieurs journaux de son pays avant de se faire connaître plus largement sur le web ces dernières années. Il s’est spécialisé dans le strip avec un format classique : 6 cases pour une mini-histoire sauce javel.

Faux semblants, vrai sanglant

 

Dans le monde de Joan Cornella, les humains et les animaux se tiennent la main en souriant avant de se faire décapiter, les hommes rient avant de se couper un bras. Les couleurs sont vives, les expressions joyeuses, l’humour très noir, les histoires absurdes. Des thèmes reviennent souvent : les déchets, les mutilations, les accidents.

 

Le style de Cornella est reconnaissable entre mille mais rappelle la joie destructrice d’un Happy Tree Friends sanguinolent dans lequel on suivait les aventures de mignons petits lapins qui décident de s’entretuer sauvagement à un moment. Avec ce décalage affirmé entre son style de dessin naïf et la noirceur de ses histoires, Joan Cornella peint une société égoïste, individualiste et renfermée. C’est ce côté militant et surréaliste qui ont fait de lui une vraie célébrité de Tumblr et de Facebook où il comptabilise plus de trois millions de fans.

 

Joan Cornella ne s’arrête pas là, en plus de produire régulièrement pour le web et sa boutique en ligne, l’artiste trash a un nouveau projet d’animation pour lequel il a lancé un Kickstarter. Il a récolté presque 100.000 euros qui l’aideront à produire sa série qui sortira en mai prochain. Il va adapter en animé ses cases les plus populaires qui seront sûrement tirées de son livre Zonzo