Le saviez-vous : Napoléon était un lecteur compulsif

Un "lecteur assidu voire vorace, Napoléon a attaché une grande importance aux bibliothèques" explique la Bibliothèque nationale de France (BnF). Dans le cadre du bicentenaire de la mort du premier empereur des Français, la BnF organisait, le 12 mars dernier, un colloque consacré aux relations que l’Empereur entretenait avec les livres et les bibliothèques.

Un esprit curieux de nature

Dans ses mémoires, Joseph Bonaparte raconte de son frère qu’il eut très tôt cette habitude d’emporter ses livres lors de ses voyages. La malle consacrée aux lectures était d’ailleurs généralement bien plus volumineuse que celle de ses effets de toilettes.

Cette image de leader politique sans cesse nourri par la littérature, Napoléon l’avait également retrouvée en la personnalité de Frédéric II. Véritable modèle politique aux yeux de l’Empereur, le roi de Prusse avait pour habitude de transporter des caisses entières pendant ses campagnes militaires afin de ne pas se séparer trop longtemps de ses lectures favorites.

Parmi les quelques traits de personnalité du dit "Petit caporal", la lecture compulsive n’a jamais fait l’ombre d’un doute. En effet, Gustave Mouravit écrivait en 1905, en conclusion de son ouvrage "Napoléon bibliophile" : "Avoir des livres, avoir même une bibliothèque organisée, tout à sa portée, – à toute heure –, afin de subvenir aux nécessités comme aux imprévus, dans les desseins formés et perpétuellement renouvelés par l’activité de son universelle intelligence […], ce fut pour Napoléon, dès l’origine, toujours, partout, jusqu’en ses courses militaires, une constante préoccupation, la seule habitude peut-être dont il ait subi la tyrannie".

à écouter : la série "Napoléon, le Crépuscule de l’Aigle" de La Première

À la pointe de l’organisation

Si ces mines personnelles de littérature ont évolué au fil du temps, elles étaient généralement dotées d’une structure claire. Rangés selon un ordre bien précis, les livres étaient ensuite listés dans un inventaire écrit de la main du bibliothécaire pour faciliter la consultation.

Après l’empaquetage, Napoléon retrouvait déjà ses quelques œuvres dans la voiture de voyage. "Une véritable petite maison roulante" nous apprend Charles Éloi-Vial, historien et conservateur à la BnF, dans son ouvrage "Les livres à la guerre : les bibliothèques particulières de Napoléon Ier". Pendant ses campagnes militaires, cette provision de livres permettait à la fois à l’Empereur de se distraire pendant les longs trajets, ou entre deux batailles, mais aussi de tout savoir sur le pays qu’il parcourait.

Dans les "Souvenirs sur le bibliothécaire de l’empereur" (1843), Louis-Nicolas Barbier, bibliographe et bibliothécaire du Louvre, avait raconté la réception des caisses de livres une fois Napoléon sur place : "Aussitôt que l’Empereur avait fixé l’endroit où devait être établi son quartier général, ces petites caisses étaient rangées, ouvertes sur des tables, et même souvent placées à terre, dans la pièce destinée à former son cabinet, où l’on réunissait également les plans et les cartes du Cabinet Topographique".