Le saviez-vous : « I have dream » de Martin Luther King a failli ne jamais être prononcé

Le 28 août 1963, Martin Luther King prononce un discours qui compte aujourd’hui parmi les plus célèbres de l’histoire. Des mots puissants, référant à des images du quotidien soumises à des procédés rhétoriques ont fait de ce message d’espoir un véritable chef-d’œuvre, auquel U2, Stevie Wonder ou encore Bakermat ont rendu hommage en musique.

Si tout le monde s’accorde aujourd’hui sur la portée de ce “rêve éveillé”, ce dernier a pourtant fait l’objet de doutes la veille et jusque devant la foule. Eh oui, l’expression phare du discours de King ne figurait pas dans le texte qu’il avait préparé, comme le raconte cet article de l’Obs.

Des hésitations tardives

La veille de la marche, depuis son hôtel à Washington, le pasteur militant peaufine son discours, entouré de ses conseillers. Il sait qu’il doit marquer les plus de 250.000 manifestants qui seront réunis pour "l’emploi et l’égalité". Cette fois, son public dépasse le cadre de ses fidèles paroissiens ou encore des militants pour les droits civiques, car les télévisions seront là, et c’est à l’Amérique que King va s’adresser.

Le contenu du discours divise encore. Wyatt Tee Walker, l’un de ses proches conseillers, lui suggère de ne pas parler du “rêve” : "C’est trop banal, trop cliché". Pourtant, MLK avait pour habitude de reprendre “ce rêve éveillé pour un monde meilleur” car il permettait de lier l’homme d’Église et d’action qu’il était. "Je t’assure, tu l’as trop utilisé.", insiste Walker.

Depuis l’estrade

Le lendemain et jour-j, le "dream" est donc absent de ses notes au moment où il se retrouve derrière le micro. Dernier des 10 orateurs, MLK intervient à un moment de la journée plus “mou” pendant lequel le public semble plus amorphe. C’est alors que la chanteuse Mahalia Jackson, située debout derrière lui, crie à son ami "Martin, raconte-leur l’histoire à propos de ce rêve".

Le pasteur détache alors ses yeux de son support, et fait entrer son discours dans l’Histoire : "Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve".

"A partir de là, cette partie du discours qui a été tant célébrée comme étant le discours 'I have a dream' était complètement improvisée et spontanée", raconte l’avocat et conseiller de King, Clarence B. Jones, dans l’Obs.

Moins d’un an après le discours, le 2 juillet 1964, le président américain Lyndon B. Johnson signait la loi historique sur les droits civiques qui abolit la ségrégation raciale et les pratiques discriminatoires.

Quant au racisme, 57 ans plus tard, le chemin est encore long…