Le saviez-vous : Fidel Castro avait une obsession pour les produits laitiers

Les gros cigares, les chapeaux blancs, le tres et le Cha-cha-cha, et encore bien d’autres éléments font l’objet de la fierté cubaine. Parmi eux, on oublie les crèmes glacées que le Père de la Révolution cubaine avait pour habitude de manger en quantité.

Pendant son règne, Fidel Castro avait élevé son goût pour les crèmes glacées au rang de politique nationale. Il avait associé son succès gouvernemental au maintien d’une politique laitière saine.

Les mamelles de l’Etat

Lorsqu’El Caballo prend le pouvoir à Cuba en 1959, il introduit une vaste réforme agricole. L’embargo économique et commercial des Américains, imposé le 3 février 1962 aux Cubains, fait ouvrir les robinets à lait. Pour améliorer le sort de ses concitoyens, Fidel Castro mise en effet sur une puissante politique laitière.

Pourtant, Cuba présente des vaches bien trop maigres pour satisfaire les besoins – ou plutôt les ambitions – en production laitière. Pas d’inquiétude pour autant : après avoir revisité le système de pâturage, Castro fait ramener des holstein du Canada, une des races les plus efficaces au monde, bien plus productives que les zébus.

Seulement voilà, malgré ses aptitudes laitières, cette race de bovins ne parvient à s’acclimater. Castro procède donc à un croisement génétique, entre un zébu et une brown swiss par exemple, dans les fermes étatiques.

Ubre Blanca, la super-vache de Fidel Castro

Mais aucune autre vache n'a pu rivaliser avec la célèbre Ubre Blanca, dit "La mamelle blanche", née en 1972 d’un croisement entre un zébu et une holstein. Avec jusqu’à 109,5 litres de lait en une journée, ses productions sont reconnues comme un record mondial par le Guinness World Records.

Multipliant par 4 la production laitière habituelle, la super-vache est mise au service du régime et précieusement gardée pour éviter tout attentat.

Mais ses superpouvoirs trouvent leur limite : malgré 3 mises bas, Ubre Blanca ne parvient à perpétuer l’espèce. Elle est euthanasiée à l’âge de 13 ans, en 1985, des suites d’une tumeur.

Symbole de la supériorité communiste en matière d’élevage, Ubre Blanca fait l’objet d’éloges funèbres de Granma, l’organe du parti communiste cubain.

Empaillé, le corps d’Ubre Blanca est, aujourd’hui encore, exposé dans une vitrine à l’entrée du National Center of Agricultural Health (Censa), hors de La Havane.

 

Une vache en laisse

La disparition de Ubre Blanca ne fait pas pour autant réduire les objectifs fixés par El Caballo. Sa nouvelle idée ? Fournir à chaque foyer une vache propre – plus petite, de la taille d’un chien. Bref, de véritables vaches de compagnie "qui se seraient nourries d’herbe poussant dans les tiroirs grâce à la lumière des lampes fluorescentes" peut-on lire dans Le Courrier International. Ainsi, tout un chacun pouvait se fournir personnellement en lait, sans bouger de son appartement.

Véritable échec de l’opération, mais Castro persiste. En 2007, un projet de clonage d’Ubre Blanca est lancé sur base de son ADN. Les Cubains se sont finalement résolus à l’idée que les vaches laitières ne pouvaient s’acclimater aux Caraïbes.