Le saviez-vous : Beethoven était sur le point de sortir une 10e symphonie

Vienne, mars 1827. Entre 10.000 et 30.000 personnes suivent la dépouille du compositeur qui fut la fierté allemande et bien au-delà. 

Jusqu'à son dernier soupir, Beethoven travaillait d'arrache-pied pour tenter d'atténuer ses difficultés financières et malgré une santé bien aggravée. La vie ne l'avait pas épargnée, en effet, lui qui avait connu de lourdes épreuves familiales qui l'auraient, a-t-on dit, entraîné vers le goulot. 

Une mort intrigante

Deux siècles se sont écoulés depuis la disparition du compositeur allemand et, pourtant, pas moins de 140 causes ont été avancées pour tenter d'expliquer sa mort. 

Parmi elles, un alcoolisme précoce, dès l'âge de 17 ans, aurait finalement conduit une cirrhose fatale. Sans note de fin sur la question, des recherches plus récentes - effectuées à partir des cheveux, des os et du crâne du romantique - ont révélé une intoxication chronique au plomb. Ce dernier, en effet, était parfois ajouté au vin pour intensifier les arômes. 

Ce saturnisme expliquerait les lésions de nerfs auditifs qui ont engendré, de 1798 à 1816, la surdité progressive mais assurée du compositeur. 

Une 10e symphonie en préparation

Quelle que soit la raison médicale de sa disparition, le génie solitaire n'avait pas tendu sa main à la Faucheuse. Comme l'explique cet article de France Musique, le compositeur n’avait jamais eu autant de projets en tête que la veille de sa mort avec, notamment, un requiem, un oratorio et un opéra sur le poème de Faust au programme.

Lorsqu'il rend l'âme, le 27 mars 1827, il aurait même tout juste terminé une dixième symphonie. Afin d'atténuer ses difficultés financières, en effet, il aurait accepté les 50 livre sterling de la Société philarmonique de Vienne. Malheureusement, ce chef d'œuvre n'a pas été conservé par les exécuteurs testamentaires. 

Dans le milieu, certains évoquent la célèbre malédiction de la 9e symphonie. Cet article de France Musique revient sur cette légende selon laquelle aucun compositeur n'aurait été au-delà et que les rares qui auraient essayé seraient ensuite décédés. Composée en 1824 au pic de sa surdité, la Neuvième Symphonie aurait tant provoqué l'admiration que le désarroi chez plusieurs de ses pairs. 

Décrite comme "celle des excès, représentant la quintessence et l'apogée de l'art", elle aurait eu l'effet d'une épée de Damoclès. 

Les ambitions de l'intelligence artificielle

Pendant que cherchent encore à expliquer la mort du célèbre Kapellmeister, d'autres tentent de reconstituer sa composition à l'aide de l'intelligence artificielle

Début 2020pour marquer le 250e anniversaire de la naissance du compositeur allemand, des musiciens et informaticiens ont créé un logiciel permettant de prolonger l'œuvre inachevée. Première étape, comprendre comment la musique de Beethoven sonne ... comme du Beethoven. 

plus d'infos sur le site de Musiq3

Mais par où commencer ? Cet article de RTS nous livre un peu plus d'informations : "Fabian Moss, chercheur au Laboratoire en musicologie digitale et cognitive, explique qu'il étudie le style du compositeur en réalisant des statistiques. Il analyse notamment l'ensemble de ses quatuors à cordes, soit huit heures de musique. Le but est de comprendre comment les compositeurs écrivent leur musique."

À côté des procédés techniques, cet article de La Libre s'est d'ailleurs penché sur la question : l'intelligence artificielle, un apport ou danger pour la création ?