Le deep web est la "batcave d'Internet"

Le deep web est la "batcave d'Internet"
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Le deep web est la "batcave d'Internet" - © bestdesigns

96%, c’est le pourcentage de pages web qui ne sont pas répertoriées par les moteurs de recherche. Cette partie immergée de l’iceberg est le deep web, un Internet parallèle où tout est permis.

Le 29 mai dernier, Ross Ulbricht, le fondateur de la Silk Road, " l’eBay de la drogue ", a été condamné à perpétuité par un tribunal New York (la condamnation d’ailleurs est le fruit de débats sur le web). Ce coup de filet peu habituel a surtout appris à l’Amérique qu’il était possible d’acheter anonymement de la drogue en ligne.

 

Arnaques, crimes et botnet

Evidemment, ce n’est pas via Google qu’il est possible de s’acheter de l’héroïne, un faux passeport ou des tutoriaux de bombes artisanales à réaliser chez soi. Il faut passer par le souterrain, la crypte de l’Internet, le deep web (et particulièrement sa partie active, le dark web). Contrairement au web de surface, les pages du deep web ne sont pas référencées par les moteurs de recherche habituels, il faut passer par des réseaux comme Tor (The Onion Router) ou I2P (Invisible Internet Project). Une fois connecté au réseau, l’anonymat est garanti grâce à un brouillage des pistes.

 

Sous la surface du web classique, une véritable économie souterraine s’est créée où l’on paye en Bitcoins et où l’illégalité n’est pas un problème. Selon Gareth Owen de l’Université de Portsmouth, les recherches les plus courantes sur le réseau Tor concernent la pédopornographie et le marché noir. Pour les sites individuels, ce sont ceux permettant les opérations de botnet qui sont les plus communément visités.

 

Une terre d’improbabilité

Les criminels ne sont pas les seuls utilisateurs du web invisible. Un rapport de la Défense américaine datant de 2010, indique que " Le deep web abrite des rapports du gouvernement [américain ndlr], des bases de données et d’autres sources d’information d’une grande valeur pour le Département de la Défense et la communauté du renseignement. "

 

Si aujourd’hui on assimile le dark web à une zone de non-droit où les dealers ont pignon sur rue, la fonction première était politique. L’anonymat permet en effet à tout individu de communiquer facilement des données sensibles, pour dénoncer un régime politique oppressif par exemple.

 

Le deep web est une antre de la liberté d’expression et une terre d’improbabilité. Et qui d’autre peut se vanter de réunir des militants, des lanceurs d’alertes, des politiques, des militaires, la mafia, des dealers et des pédophiles dans un même " lieu " (à part la prison) ?