"La Parade" : acide folklorique

La Parade
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La Parade - © Tous droits réservés

Portraits croisés d’habitants du Nord de la France qui se préparent tous pour la grande parade, le rassemblement incontournable.

Nouvelle venue dans la sphère des webséries françaises, "La Parade" pose un regard attendri sur ses personnages, des nordistes à l’accent bien marqué qui palpitent en prévision du défilé annuel.

En 10 épisodes de 4 à 5 minutes chacun, la websérie de Mehdi Ahoudig et Samuel Bollendorff pour Le Monde raconte la culture populaire du Nord de la France, l’esthétise à travers des images fixes, des panoramiques, des cadres élargis. Mais elle se focalise surtout sur des destins singuliers qui se rassemblent à la fin. Elle réussit là où des Bouli Lanners et frères Dardenne en Belgique ou Bruno Dumont en France se sont déjà aventurés : dans le cinéma social, brut et sans fard.  

 

"La Parade" est une fable numérique qui conte les aventures de Cloclo la majorette, de Petit Bleu le coq combattant, de Gros Bleu le pigeon voyageur et de Jonathan l’homme Vectra. Chacun se prépare à sa façon pour la parade qui a lieu quelques jours après. Les pneus crissent, les bâtons de majorette s’envolent, les géants défilent dans les rues, fiers comme des coqs…

La grande (ker)messe

C’est le folklore qui cimente ces gens les uns avec les autres, c’est le folklore qui donne un sens à leur vie. Parce que cette parade tant attendue, c’est finalement ce qu’il reste de la culture industrielle ouvrière de la Région Nord-Pas-de-Calais. C’est une partie du patrimoine du Nord, que l’on trouve aussi en Belgique : une culture populaire, collective, solidaire née avec l’industrialisation du XVIIIe siècle. C’est ce genre d’évènement qui donnait aux ouvriers un divertissement en dehors de l’usine et finalement une raison de travailler dur la semaine.

 

Aujourd’hui il y a un regain d’intérêt pour le folklore, pour les traditions en général, il n’y a qu’à voir les chiffres de fréquentation pour les Ducasses et autre Doudou. Et n’en déplaise aux élitistes, ces parades et défilés ont pour avantage de contrer le repli et favoriser la cohésion sociale.  Vers une réhabilitation de la culture populaire ?